Par jlhuss,
mardi 9 février 2010 à 08:56 ::Société
Imbroglio à Vitry, dans un Lycée, les enseignants estiment exercer leur “droit de retrait” alors que le Ministre LucChatel y voit une grève. Le fond sur estampe d’insécurité et de violences à l’école. Le droit de retrait permet à tout travailleur de se “retirer” d’une situation qui présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ! Il n’implique aucune retenue de salaire, ni sanction. Il ne compte pas avec “le temps” : le salarié peut ainsi refuser de retourner au travail tant que le danger existe et l’employeur ne peut l’y contraindre. On discerne bien l’espace immense d’interprétations diverses et variées. Le rectorat prétend avoir pris les dispositions nécessaires et suffisantes, les enseignants ne l’entendent pas de la même oreille. Nous n’aurons pas l’outrecuidance d’énoncer un quelconque jugement, mais on peut s’imaginer facilement un enlisement de la situation finalement préjudiciable aux élèves pour l’instant très heureux et “mobilisés“.
Par jlhuss,
lundi 8 février 2010 à 07:49 ::Société
Il m’arrive souvent de dire à Laurent qu’il n’a aucun sens de l’abnégation, que cette qualité n’est chez lui ni innée ni cultivée, et que, pire, ça ne semble même pas lui manquer… (Certes, nous avons tous nos défauts, mais on peut lutter pour s’améliorer, quand même, non ? Par exemple, moi qui ai autant d’instinct que la souris que l’on retrouve dans la tapette la gueule pleine de fromage, eh bien, je le prends comme un handicap, et je m’efforce de lutter, notamment en faisant l’inverse de ce que me suggère mon premier mouvement : si mon instinct me susurre « tourne à gauche, tout droit ça doit bloquer ! », je me méfie de lui et je vais tout droit… Et ça bloque, ce qui prouve que je n’en ai vraiment pas, d’instinct…) (D’ailleurs je suis quasiment sûre que si je tournais à gauche c’est là que ça bloquerait…) Bref. Donc, méchante comme je suis, je fais régulièrement à Laurent ce reproche, et particulièrement lorsque je viens d’accrocher une machine de linge, après être allée en courses en sortant de cours, avec les enfants qui mijotent au bain et le repas du soir dans la poêle, et qu’il soulève un peu trop lentement ses pieds pour que je puisse passer le balai devant le canapé.
Par jlhuss,
dimanche 7 février 2010 à 07:40 ::Arion
Ratatouille ou gastronomie, la politique, on le dit souvent, est une cuisine. Il faut pour l’apprécier considérer les ingrédients, le dosage, le mélange et l’assaisonnement, la cuisson et le service. Encore doit-on attendre la digestion avant de décerner les étoiles, car à quoi sert de se pourlécher à 20 heures, si c’est pour passer la nuit aux toilettes ? Tel se goinfre dimanche qui lundi gémira… La Grille du coq, en attendant le banquet des régionales, a le plaisir d’offrir ici, avec une petite revue des tables du moment, quelques croque-en- bouche d’appareils, fours salés de cabinets, pets-de-nonne de campagne et autres boulettes de tribunes.
Après avoir longtemps marché sur des œufs en Languedoc-Roussillon, la direction des Relais et Châteaux PS a décidé de trancher dans le lard du gérant tord-boyaux d’en bas. La dorade du Chez Georges n’est pas fraîche, le patron sent l’ail et ne mâche pas ses mots. Sa dernière « poivrade sur œuf dur à la Fabius » a mis le feu à l’estomac de la PDG de Solferino : décision prise de lancer en face de Chez Georges un fast-food labellisé socialiste pour siphonner en mars la clientèle du gâte-sauce. Que d’hygiène héroïque après Reims !
Par jlhuss,
samedi 6 février 2010 à 22:29 ::Divers
C’est une belle plume, un grand journaliste, un étonnant voyageur que ce Gilles Lapouge. Le Brésil, sujet du livre « Equinoxiales » publié en 1977, me permet de vous confier une « page » qui ne raconte pas le Brésil mais que j’adore. Ces raccourcis “méli-mélo” historiques d’un demi-siècle sans soucis chronologiques, sont d’une concision évocatrice extraordinaire. A relire ce passage, on prend les bonnes mesures de l’évènement. Comme pour l’ange à la Douane de Mer à Venise, ou pour Saint Augustin sur sa tour, le survol est un tableau à la Jérôme Bosch. Gilles Lapouge, au début du livre évoque ainsi les 20 années passées sans retourner au Brésil et sa correspondance avec l’organe de presse pour lequel il collabore là bas. En quelques lignes il fait le compte rendu de cette longue absence et des évènements l’ayant rythmée ici. C’est du grand art.
Par jlhuss,
vendredi 5 février 2010 à 07:20 ::Chambolle
II Le nélulokal d’opposition
Il est aussi facile de différencier le nélulokal d’opposition de son cousin majoritaire que le zèbre de plaine de celui des montagnes. De même que l’un a des rayures noires sur fond blanc et l’autre des rayures blanches sur fond noir, le nélulokal d’opposition est le presque exact négatif du nélulokal majoritaire . Ainsi, il vit en solitaire ou en petits groupes de quelques individus. Des observateurs superficiels ont cru noter, dans ce dernier cas, une conduite identique à celle des nélulokaux majoritaires puisque ces groupes se réunissent en général autour d’un chef. Des études plus approfondies ont montré que, chez les nélulokaux minoritaires, ce sont les chefs qui, si ils veulent conserver ce statut, doivent, sur un froncement de museau de leurs compagnons, manger leur chapeaux et avaler des couleuvres. On mesurera la pénibilitude de la chose quand l’on saura que la nourriture ordinaire du nélulokal d’opposition est le frein qu’il est contraint de ronger pendant la durée de son mandat (et six ans à grignoter un accessoire automobile, certes indispensable mais peu digeste, c’est long).
Par jlhuss,
jeudi 4 février 2010 à 16:22 ::Politique
“Il arrive un moment où on n’est plus de gauche ni de droite, ni même homme ou femme d’ailleurs, mais on accède au stade d’être humain !”
Oh, là je bloque. Quand on n’est “ni de droite ni de gauche”, c’est qu’on est de droite. Toujours. “La gauche et la droite c’est dépassé”, cela signifie qu’on a le libre choix entre droite, droite et droite avec en plus une option “droite”. En France, DSK, c’est Sarkozy avec un peu de vaseline autour et Bayrou, ce serait Sarkozy en pire (hypertrophie du Moi, goût du pouvoir solitaire, orthodoxie libérale, mais en plus capacité de travail infiniment moindre)
Quant à Royal, ce fut une superbe trouvaille de l’établissement: promouvoir une candidate d’une nullité abyssale en clamant sur tous les médias, avec un matraquage inouï, “qu’elle était la seule à pouvoir battre Sarkozy”, convaincre de ce fait les militants “socialistes” de la désigner et assurer ainsi le succès de la bande du Fouquet’s, c’était superbement joué. Mea culpa, j’ai participé à cette mascarade sans grande illusion, mais parce que je penchais à juste titre pour le TSS(NDLR : Tout Sauf Sarkozy, avec son reflet Tout Sauf Ségolène !). J’ai simplement oublié la stratégie et privilégié la tactique. On ne m’y reprendra plus.
Par jlhuss,
mercredi 3 février 2010 à 07:56 ::Arion
Un soleil éclairait doré ce paysage sans ligne de fuite tel qu’aux décors du théâtre naïf, nuages immobiles, feuilles inertes, pont franchissant d’une arche une eau faussement miroitante.
Oriane marchait sans se retourner, depuis une minute ou deux jours, attendue par son père au carrefour du Chêne, deuxième étoile dans l’avenue forestière reliant hier à demain et l’ennui d’être à la peur de finir.
Elle ignorait pourquoi le père aimé désirait si fort la voir ce jour en cette place, à l’ombre de l’arbre ancestral au tronc si gros que les bras de quatre hommes ne suffisaient pas à l’entourer.
Par jlhuss,
mardi 2 février 2010 à 07:59 ::Société
C’était début janvier 2009 ! Pas si loin … un peu plus d’un an ! Un sujet faisait les “unes” : la suppression de la publicité après 20h sur les chaînes publiques de France Télévision. La mesure devait appauvrir le groupe public, au profit exclusif des chaînes privées et au détriment des poches du contribuable. Le scandale des scandales pour certains avec d’emblée l’annonce d’une grève : les syndicats, les créateurs de programmes, craignaient que l’audiovisuel public sombre dans le désastre financier. Les estimations des recettes publicitaires de France Télévisions après application de la mesure était au départ de 260 millions d’euros. Elles étaient jugées bien trop optimistes par les opposants.
Par jlhuss,
lundi 1 février 2010 à 08:45 ::Société
Il y a deux ans Edgar Morin répondait dans le journal Le Monde, par l’intermèdiaire d’un “tchat”, aux problématiques de la “politique de civilisation”. C’était un an après l’élection de Nicolas Sarkozy. Nous avions à l’époque fait un petit écho sur cet entretien. Le président de l’Association Pour la Pensée Complexe, est souvent contesté, ambiguë ou compliqué, mais les questions qu’il posait à l’époque sont toujours d’une grande actualité, même peut-être encore plus vivement après les secousses de “la crise”
*
[Il faut distinguer culture et civilisation. La culture est l’ensemble des croyances, des valeurs propres à une communauté particulière. La civilisation, c’est ce qui peut être transmis d’une communauté à une autre : les techniques, les savoirs, la science, etc.
Par exemple la civilisation occidentale, qui s’est du reste mondialisée, est une civilisation qui se définit par l’ensemble des développements de la science, de la technique, de l’économie. Et c’est cette civilisation, qui aujourd’hui apporte beaucoup plus d’effets négatifs que d’effets positifs, qui nécessite une réforme, donc une politique de civilisation. Si je dis qu’il faut réformer la civilisation, cela fait plutôt le jeu de ceux qui voudraient changer les choses, et pas des conservateurs. J’ai même développé dans des écrits l’idée d’une politique de l’humanité qui serait une politique de symbiose des civilisations, c’est-à-dire où entrerait le meilleur de chaque civilisation.
Par jlhuss,
dimanche 31 janvier 2010 à 09:24 ::Arion
Arion nous donne rendez-vous le mercredi 3 février pour le premier texte d’une nouvelle série :
Les poissons mangent la nuit
Voici comment il la présente :
« Je voudrais moins raconter des histoires que laisser des histoires se raconter. Qu’elles montent comme des carpes, d’on ne sait quel fond de lac nourrissant, au sommeil de la pensée claire. Affamées de reconnaissance, elles s’avancent près du bord avec des airs d’étrangeté familière. Surtout ne pas chercher à les prendre ! Juste les regarder poussant leur nage en silence dans l’eau noire, et goûter au plaisir inquiétant de savoir qu’à nos pieds de veilleurs deux mondes se rencontrent aux petites heures.
« Amateurs de parole nette, me suivrez-vous dans ces histoires étranges ? Vous savez bien, pourtant, qu’à peine la raison a-t-elle le dos tourné, une autre réalité s’éveille, moins vraisemblable mais aussi vraie, moins limpide mais aussi profonde que le réel où nous nous orientons le jour.
Par jlhuss,
samedi 30 janvier 2010 à 08:45 ::Arion
Il peut y avoir, même sur des sujets rebattus, des livres de circonstance qui ne déméritent pas. C’est le cas de Pour la Nation, le récent opuscule que publie le ministre Eric Besson en écho au débat qu’il a lui-même organisé à la demande du Président de la République, dans le tumulte que l’on sait : mais citez-moi en France un débat sans tumulte…
Le livre comporte quatorze chapitres, chacun menant de façon concise (certains diront sommaire) une analyse ciblant l’un des aspects de ce plaidoyer pro natione. Du premier chapitre : Une nation taboue, au dernier : Une Nation européenne dans la mondialisation, M.Besson tente de mettre au net le sentiment d’appartenance nationale en nous menant sans pesanteur du constat de dénigrement franco-français, à la perspective du rebond européen, en passant par un éclairage historique, la mise en garde contre les dérives (nationalistes et « post-nationalistes »), le retour sur les fautes de l’Occupation et de la période coloniale et surtout une revue des divers bénéfices dont l’idée de « nation française » est porteuse, telles que la protection des droits de l’homme et du citoyen, l’aide à l’intégration des immigrés, une laïcité raisonnable, la recherche de la diversité dans l’unité, l’effort de solidarité sociale et une démocratie fondée sur le suffrage universel.
Par jlhuss,
vendredi 29 janvier 2010 à 08:00 ::Société
Le web est envahi par les vidéos : montages étiquetés comme tels, scènes pittoresques isolées du contexte, humour annoncé, histoires d’auvergnats, tours qui s’écroulent, point G introuvable ou découvert en live ! … Live maître mot ! …
La vie publique, politique, mondaine, est imprégnée de ces petits rushs amateurs souvent capturés avec un simple téléphone portable. Les collégiens font du “trash“, du tendre ou du music. “Les réseaux sociaux“, Facebook, twitter, les blogs … diffusent et souvent même une presse à la remorque, effrayée par l’idée de louper le scoop. Le phénomène est tel que des polémiques insignifiantes et durables peuvent souvent connaître une vidéo amateur ou un truquage grossier comme amorce. Le catalogue serait fastidieux.
Par jlhuss,
jeudi 28 janvier 2010 à 08:54 ::Chambolle
Moi qui vous cause, je suis un nélulokal. Quoique assez répandue (la France, a elle toute seule, en abrite à peu près trois cent mille individus) l’espèce est mal connue. Certes, il n’est pas rare d’entendre un journaliste, un politologue ou le Président de la République y faire allusion. Selon les circonstances (inauguration d’une salle polyvalente, colloque organisé par l’Institut des Hautes Etudes en Sciences Sociales ou déclaration « off » dans un airbus retour d’un sommet du G 74) les qualificatifs employés varient d’inutile à dévoué en passant par incompétent et dynamique. Il est temps de mettre un peu de clarté dans tout ça, en braquant sur le nélulokal le puissant projecteur d’une analyse socio-politique écologique et citoyenne comme aurait dit le maire de Champignac (1) notre modèle à tous.
Par jlhuss,
mercredi 27 janvier 2010 à 07:15 ::Société
Y a-t-il une fatalité ?
Il y a quelque chose d’indécent dans le concert de compassion humanitaire et d’aides en tous genres à l’endroit de la population de Haïti, aujourd’hui stigmatisée, martyrisée par ce qui serait une malédiction du destin.
Le tremblement de terre meurtrier ne serait en somme que la punition d’un peuple coupable par avance, marqué au fer rouge, boulets au pied comme de mauvais sujets, de mauvais esclaves.
Qu’avons-nous fait avant la catastrophe naturelle, prévisible et prévue, comme celles qui sont annoncées, reste à savoir quand, sur cette fracture tectonique naturelle et inévitable?
Avant, c’est la semaine dernière, le jour avant le cataclysme. 76% de Haïtiens vivent avec moins de 1,30 euros par jour quand ils survivent aux séismes, aux coups d’Etat et au sida. Il n’y avait aucun chef d’Etat à la conférence mondiale sur la pauvreté, aucun. Il y avait tous les chefs d’Etat sur la conférence à Copenhague sur le climat, gelée par les intempéries et le froid glacial tombé sur l’occident.
Par jlhuss,
mardi 26 janvier 2010 à 16:12 ::Politique
Il serait curieux que certains puissent s’étonner des propos du Président de la République dans son entretien avec des Français sur TF1. Libéral il est, libéral il demeure . Le contraire eut été surprenant voir choquant. Sa campagne électorale était claire sur ce point et on ne peut que constater la continuité dans la pensée et son expression. A cet égard, le dialogue avec le syndicaliste était caricatural d’un côté comme de l’autre : l’un parlait égalité, l’autre performance. C’est ainsi ! On ne peut pas regretter la langue de bois d’antan.
Par jlhuss,
mardi 26 janvier 2010 à 08:26 ::Politique
On le sait, le remake le plus diffusé sous la 5ème République par les oppositions du moment, demeure l’attaque sur l’utilisation des médias et en particulier de la télévision par l’exécutif. C’est un “grand classique” et même souvent la marque d’une absence d’idées neuves et de propositions alternatives. Quand l’opposition (quelle qu’elle soit) « pédale » dans le vide elle s’en prend aux médias vendus, achetés, serviles etc. On ne peut donc être surpris par les « Peillonades » et les cris d’égorgés que déclanche l’apparition du Président de la République sur l’écran du soir , que chacun a le droit de zapper d’ailleurs.
Dans un article signé Sophie Landrin , le journal Le Monde fait remarquer très justement qu’il n’ y a rien de nouveau sous le soleil. “Jacques Chirac et, surtout, François Mitterrand avaient usé du (même) procédé pour s’adresser aux Français. »[…] « On se souvient bien sûr de l’émission ”Ça nous intéresse, monsieur le Président“ en avril 1985, où le présentateur vedette du journal de 13 heures de TF1, Yves Mourousi, une fesse sur le bureau présidentiel, avait demandé à François Mitterrand s’il était un président ”chébran”. A près de 70 ans, le président socialiste lui avait répondu avec le naturel d’un adolescent: ”Vous auriez dû dire câblé!” Avant l’émission, plusieurs réunions avaient été organisées pour que François Mitterrand, à l’aide de clips, s’imprègne des mouvements de la société, jusqu’à ces tics de langage.”
Par jlhuss,
lundi 25 janvier 2010 à 09:02 ::Politique
LA vraie question (je cite) : “Comment voulez-vous que nos concitoyens s’y retrouvent dans une telle cacophonie ?”
N’effet ! Quand la “chef” du principal parti (prétendument) d’opposition de “gôche” (élue comme on sait), commence la partie en marquant un but (décisif) contre son camp , fectivement on s’demande.
Forcément, la “sphère médiatique” (qu’on a), n’a pas manqué de saluer unanimement (pour une fois) le “modernisme” et le “merveilleux sens des responsabilités” de la “briseuse de tabous”. Mais.
Puisqu’on en est à “briser les tabous”, à mon tour : La fameuse “discipline” (soi disant républicaine) qui obligerait (si on les écoutait), à reporter systématiquement nos voix sur le candidat “de gôche” le mieux placé au second tour de toutes les élections bla, bla, bla …
Vous m’avez compris. Je développe pas, je pourrais me laisser aller (et ça serait pas gentil).
Par jlhuss,
dimanche 24 janvier 2010 à 10:36 ::Société
Le Grand Orient de France (GO), entraîne notre regard vers la surface floue du miroir à l’occasion d’une anecdote sans intérêt, diront certains.
J’apprécie, peut-être maladivement, les images qui se déchirent, les statues fléchissantes et les moments où s’illuminent les cadres mous, les montres de Dali. Tout ce qui ébranle la certitude oblige en effet à la réflexion sur la complexité. Complexité qui se rie des cases parfaites, et même du triangle.
Un membre de la principale obédience française de franc-maçonnerie a changé de sexe. Pour ses frères, qui n’acceptent pas la mixité, il reste un homme ! Et conserve, en dépit de sa nouvelle identité, sa place dans la loge.
Là ne s’arrête pas l’ambiguïté et le paradoxe : Pierre Lambicchi, grand maître du GO, explique la décision de son obédience : «cette personne, initiée au Grand Orient il y a 35 ans comme un frère, reste génétiquement un homme, bien qu’elle soit juridiquement devenue une femme». Extraordinaire et merveilleuse explication faisant fi de toute règle et privilégiant l’ADN au miroir.
Soyons très clair : il n’est absolument pas question de porter le moindre jugement sur le désir de transexualité. Il est même sans doute très courageux pour un individu de l’assumer totalement, d’aller jusqu’au bout d’une telle volonté. La discussion ne peut porter sur ce sujet.
Par jlhuss,
samedi 23 janvier 2010 à 10:27 ::Divers
Il y a des êtres consensuels d’autres «clivant» … Ces derniers suscitent en général polémiques et parfois vraies querelles. Ils ne laissent jamais indifférents. Serge Gainsbourg (Lucien Ginsburg) appartenait sans contestation possible à cette catégorie de ceux qui ont comme vocation la pro-vocation. C’était son fond de commerce.
Un physique qui déconcertait, une laideur qui séduisait, une enfance compliquée, tout le propulsait vers son grand rôle d’iconoclaste. Mais un iconoclaste qui n’oubliait pas le “Buzz” …. Déjà ! Qui savait jouer avec les médias.
En artiste et homme de spectacles il a su faire fructifier ses dons naturels. En dépit de débuts difficiles, celui qui s’évertuait à se positionner comme un rejeté aura finalement connu un grand succès. Le marketing seul n’aurait rien rendu possible dans la durée, s’il n’y avait pas eu aussi, surtout, le talent. Il est parfois préférable de ne pas se perdre dans d’impossibles mascarades et des mauvais masques, pour au contraire utiliser son énergie à mettre en scène ce qui ne peut se soustraire au regard : “Parce que la destruction et l’autodestruction sont bien plus les moteurs d’un homme en devenir que son hygiène de vie. Cette santé parfaite qui le couperait de sa fange et le laisserait vivre longtemps mais sans saveur” écrit cmignon dans le blog Moustache…. Ce n’est pas rien : ne pas se couper de sa fange! C’est une formule, mais elle s’applique assez bien à Gainsbourg; “sa fange” le servait. Tout n’était pas que spectacle; il désirait vraiment interpeller son époque par ses excès et ses frasques.
Par jlhuss,
vendredi 22 janvier 2010 à 07:29 ::Société
Le Hachin-Nin-Nin s’en va pépère en vacances. Toutefois avant de ré-attaquer sur l’hémisphère sud, il fait un petit crochet par les Côtes d’Armor pour les dindes : un élevage a été mis en quarantaine. Il le restera jusqu’à sept jours suivant la fin des symptômes, précise la préfecture (quel dur métier que la préfectorale en ces jours viraux !). Le préfet rappelle qu’il faut “éviter tout contact des personnes présentant des symptômes grippaux avec les animaux et porter un masque de protection respiratoire“. Des brigades de surveillance de la SPA sont en place pour contrôler vos conversations avec les dindes. Le poulet n’est pas encore de retour mais approche et le grand rush sacrificateur de Noël est passé pour les dindes, l’abattage de l’élevage contaminé n’est pas nécessaire.
Pour ne pas laisser s’installer un vide viral désespérant, un hiatus infectieux facteur dépressionnaire, une épidémie épouvantable de « gastro-entérite » commence à encombrer abusivement les endroits dits « d’aisance » ! C’est abominable : la chiasse est à nos portes ! Les PARM , nos aiguilleurs sanitaires du SAMU, toujours en grève administrative, pensaient goûter un peu de repos téléphonique … Raté, la drilette (morvandiau) prend le relais. Mais vous pouvez pousser un grand Ouffff ! Nous échappons au vide et rien n’est pire.
Par jlhuss,
jeudi 21 janvier 2010 à 09:21 ::Politique
Vous me direz (et vous aurez raison), que pour quelqu’un qui trouve le “pseudo débat” tout à fait inutile, superfétatoire et dangereux, j’y reviens souvent. Mais. La vie n’est faite que de contradictions. Pas vrai ? Grand tas, petit hein (pour faire “style fac” ).
Il est bien évident (selon moi), que l’on “peut” débattre de tout, y compris de la fragilité relative des tuyaux de pipe ou encore de la vitesse du vent dans les branches de salsifis (sassafras ? Z’êtes sûrs ?). Du moment que …
Mais …. “On” (suivez mon regard), nous dit que le “truc” allait éventuellement servir à mettre en place des “mesures” (sans plus de précisions). Au tout début (naïf que je suis), j’avais imprudemment subodoré que les dites “mesures” se limiteraient (à l’issue), probablement à faire chanter (en choeur) aux chères têtes blondes, brunes ou rousses (pour pas faire de jaloux), qui fréquentent la “primaire” : la “Marseillaise”. Bref, pas de quoi fouetter un Iscariote (j’aime les chats). Et je me suis (une fois de plus), trompé.
Par jlhuss,
mercredi 20 janvier 2010 à 08:06 ::Arion
Il y a des livres qu’on ne peut lire ni relire sans pleurer, au moins “dans l’âme”. Le Livre de ma mère est de ceux-là, un de ces chants miraculeux, une de ces psalmodies tendres et funèbres qui charment en poignant. Vous n’avez pas une mère juive séfarade ? Vous n’émigrez pas de Corfou à cinq ans ? Moi non plus, et pourtant la mère d’ Albert Cohen est un peu la mienne, la vôtre ; cet hymne à la mémoire de la trop distraitement, trop égoïstement aimée, c’est le nôtre. Après un tel livre, précédé des superbes Solal et Mangeclous, un écrivain pourrait poser la plume et se croire assez justifié. Mais Cohen trouve encore en 1968, à soixante-treize ans, le souffle des mille pages de Belle du Seigneur, époustoufflant huis-clos de passion tragique. Amour brûlant des maîtresses, mais amour absolu des mères : “Edentés ou non, forts ou faibles, jeunes ou vieux, nos mères nous aiment… Fils des mères encore vivantes, n’oubliez pas que vos mères sont mortelles.”
J’adore les vaches. Elles ont été souvent à l’honneur sur ce blog. Je les adore à l’étable mais c’est de plus en plus rare, sans doute moins, cornes rognées , dans la grande stabulation un peu concentrationnaire, mieux dans les champs avec les petits. Marchant derrière une trace on perçoit le souffle puissant et rassurant.
La vache c’est le calme, la chaleur, la nourriture, il paraît également le trou dans la couche d’ozone, rien n’est parfait! Mais sur une toile … C’est aussi un vrai “Bonheur” .
Marie Rosalie Bonheur naît Bordelaise mais ce n’est pas la vigne qui l’inspire, ce sont les animaux et souvent les vaches. J’aime beaucoup cette grande artiste peintre.
Son succès fut grand, dépassant son pays : l’Angleterre, les États-Unis … pays dans lequel elle demeure très prisée. A l’image de Georges Sand et Sarah Bernhardt, Bonheur estune des grandes figures des débuts du féminisme.
Par jlhuss,
lundi 18 janvier 2010 à 09:13 ::Société
Une fois de plus les mots, pourtant fondateurs, peuvent générer les incompréhensions, ou “maquiller” les réalités. Le mot créateur, fabrique l’événement, mais engage le débat dans la bonne ou la mauvaise voie. Il en est ainsi de ce fameux débat sur « l’identité Nationale » Pas nouveau ici, abordé à de nombreuses reprises au fil des évènements et surtout, à l’occasion des nombreux commentaires sur des notes d’humeur , le thème se retrouve propulsé sous les projecteurs par Eric Besson. Je donne donc clairement mon sentiment personnel. En premier lieu je pense très sincèrement qu’inscrire une telle question dans une période préélectorale relève d’une mauvaise discipline. On ne peut en effet écarter l’idée de son instrumentalisation et, même si ce n’était pas le cas, ceux qui sont chargés de porter l’opposition trouvent ainsi un argument facile pour s’y soustraire . Au plus c’est une « habileté » sans panache (et illusoire), au minimum une maladresse coupable. Elle mériterait en revanche de faire partie du débat, avant une consultation présidentielle par exemple.
Par jlhuss,
dimanche 17 janvier 2010 à 10:05 ::Chambolle
Pendant un reportage consacré par les héroïques reporters de notre principale chaîne de télévision aux perturbations causées par la neige, un des routiers interviewés, a eu ce cri du cœur que je cite de mémoire : “Y a que quinze centimètres de neige et on m’empêche de rouler ! On est en 2007 quand même!” Ce brave homme a raison. Est-il admissible, je vous le demande, à notre époque de réchauffement climatique et de progrès technique qu’on laisse la neige non seulement à tomber sur les autoroutes mais aussi à y stationner au mépris des droits les plus élémentaires des citoyens (qui, pourtant, paient leurs impôts). Ce scandale doit cesser au plus vite, d’autant que, non contente d’occuper indûment les voies à grande circulation , cette saloperie, qui cache la noirceur de son âme sous un blanc des plus factice, embouteille les rues de nos villes, transforme nos départementales en piste de bobsleigh et bloque même les plus humbles des chemins vicinaux. On ne m’ôtera pas de l’idée que, seule l’impéritie des gouvernements successifs, qu’ils soient de gauche ou de droite et la honteuse incapacité des technocrates qui les conseillent, ont empêché que soient enfin mises en place les VRAIES solutions.
Par jlhuss,
samedi 16 janvier 2010 à 08:24 ::Politique
On le sait, “Actu” n’est pas réfractaire à la poèsie en dépit de son ancrage dans une actualité quelquefois rébarbative. Arion , Fan , Philippe gras ont souvent animé des chroniques et Guess Who , avec ses poèmes illustrés, orne maintenant la colonne latérale du blog. Vous ne serez donc pas surpris de voir figurer dans la rubrique “ComEdité ” quelques vers d’INNOSSAN sur l’incident télévisuel récent chez Arlette Chabot. Merci à tous pour les nombreux commentaires parfois rudes mais toujours corrects.
Au rendez-vous de la sirène Étaient conviés trois ouistitis, Vous ne m’en voudrez pas , j’espère Si ma mémoire est éphémère : Je ne sais plus ce qu’ils ont dit ! Ce n’était pas des cantilènes!
Par jlhuss,
vendredi 15 janvier 2010 à 09:25 ::Arion
Toujours à la mi-janvier quelque chose de vaporeux flotte sur l’Hexagone.Une douce atonie, une torpeur, un vague air de n’y pas croire. Ça n’adhère pas. C’est mou. Ce ne sont pas les événements qui manquent, c’estl’envie de les prendre au sérieux : l’effroi du réchauffement quand on a croulé sous la neige ; une grippette gentillette quand on nous annonçait la tueuse du siècle ; descoups de couteau dans le bide au lycée, quand on sait que les ados 2010 , avec leur console de jeux greffé dans le lobe frontal, ont trois ou quatre vies en réserve pour des boucheries numérisées où le sang ne tache pas. D’ailleursles gens claquent comme des bulles :Philippe Séguin, Eric Rohmer, Mano Solo, le mari de ma voisine. Pftt. Ainsi va la vie, ma pauv’dame : trois p’tits tours et puis s’en vont.
Bref, on s’en tape. Est-ce un symptôme d’après galette, le vertige de la plage vide jusqu’à la St Valentin ? Satiété ou manque d’agapes ? On voudraitdu consistant pauvre, genre pâtes qui tiennent au corps, comme un bon gros mouvement social (il paraît qu’on nous en chauffe) ; oudu salé, comme une bonne grosse vanne sarkozienne (un double discours aux péquenauds, par exemple ) ; oudu sidérant, comme un album dark metal de Carla Bruni, l’intrusion chez Bayrou d’une Ségolène Royal déguisée en releveur du gaz, un duel à l’aube dans les fossés de Vincennes entre Johnny et le chirurgien des stars. Enfin n’importe, pipole ou populo, mais de l’al dente !
Par jlhuss,
jeudi 14 janvier 2010 à 09:39 ::Politique
“Chez ces gens là” ne perd-on pas le sens des réalités? Il est possible au premier coup d’oeil de le penser. Ne vous méprenez pas; je ne cherche pas à promouvoir un débat télévisé qui n’aurait, à mon sens, pas lieu d’être. Je ne récuse pas non plus l’information politique même un peu “spectacle”; j’ai écrit sur le “duel” Hollande/Copé . Mais ce soir, dans « A vous de juger » sur France 2, Eric Besson doit s’opposer à Marine Le Pen sur le thème de « l’identité ».”Le grand combat” titrent certains. C’est une erreur de casting.
Ceux qui reprochaient à la problématique migratoire de déborder inévitablement sur la question identitaire vont pouvoir crier victoire, premier point négatif. Qui empêchera en effet la blonde avocate de centrer ses propos sur le sujet … Arlette Chabot ? Besson dépensera beaucoup de salive et d’énergie pour essayer en vain d’en sortir. Parler de l’immigration pourquoi pas ? Mais laisser le thème envahir totalement le débat, ce qui ne manquera pas, n’est pas la meilleure stratégie en matière d’identité. Quand on connaît par ailleurs, la pugnacité maladive du FN sur le sujet, pourquoi choisir d’attaquer l’adversaire sur son propre terrain ?
Par jlhuss,
mercredi 13 janvier 2010 à 09:30 ::Arion
Il nait à Slatina il y a juste un siècle et meurt à Paris voilà quinze ans. Un père roumain plutôt sale type, une mère française qui rame seule entre deux pays, un Eugène besognant pour manger avant de devenir en 1950 l’auteur d’une petite bombe (elle pète encore) : La Cantatrice chauve. C’est la première salve d’un “théâtre de l’absurde” qui, de ChaisesenRhinocéros, conduira Ionesco à cette soirée des Molières du 7 mai 1989 où le public ovationne un vieillard au balcon du Châtelet, blême, renonçant à se lever, prêchant “l’émerveillement” d’une voix d’outre-tombe… La mort, hantise d’une oeuvre qui cherche à l’exorciser dans la dérision. Une pièce d’Ionesco, et surtout Le Roi se meurt, c’est comme la vie : une “tragédie bouffonne”. Bérenger Ier doit mourir tout à l’heure, à la fin de la pièce. C’est un roi parano, l’archétype du despote, mais c’est chacun de nous pitoyable, et c’est l’Homme éternel, incapable de se résoudre à ne plus être.
Par jlhuss,
mardi 12 janvier 2010 à 09:33 ::Politique
Il est certain que l’enjeu n’était pas le même pour les deux protagonistes. L’un est en compétition interne pour une sélection au sein de son parti dès 2012, l’autre est en course de fond pour une échéance plus lointaine, 2017 ; mais le face à face Hollande/ Copé ne manquait pas de “gueule” hier soir sur France 2 dans « Mots croisés ». C’est un peu rassurant, en ce sens que les ambitions souvent affichées par les habituels velléitaires de la candidature en apparaissent d’un seul coup plus pâlottes. Les Valls, Peillon, j’en passe, retournent d’un seul coup à l’étage inférieur et Copé prend allègrement quelques longueurs d’avance sur tous les siens. Bien sûr chacun a des points forts et des plus faibles. Hollande pédale un peu sur la fiscalité et s’emmêle dans des comparaisons européennes hasardeuses. Copé galère autour de sa France qui n’est pas une île …
Par jlhuss,
lundi 11 janvier 2010 à 08:14 ::Société
Un lycéen est soupçonné d’avoir tué l’un de ses condisciples pour des motifs qui semblent d’une futilité à peine croyable : la victime aurait demandé « un effaceur » à la sœur du tueur présumé sur un ton que cette dernière n’aurait pas apprécié. Elle s’en plaint auprès du grand frère et le drame arrive. Le tueur présumé a été mis en examen et l’on aura des éléments plus précis. Mais “le genre” se banalise. OUI ! On croit rêver, interloqué par une telle immaturité.
Des histoires dramatiques de ce type on en connait d’autres; celle du type qui descend de sa voiture et flingue celui qui vient de lui « piquer sa place de parking » ou de lui faire une queue de poisson par exemple : honneur bafoué !
Non moins immature, à mon sens, le vaste débat qui ne manque pas de suivre sur la « sanctuarisation » des établissements scolaires etc. Resurgissent alors, les portiques, les fouilles, le scanner n’est pas loin comme dans les aéroports, la vidéo-surveillance et j’en passe.
Par jlhuss,
dimanche 10 janvier 2010 à 11:14 ::Société
Il ne s’agit pas d’être excessif ou injuste, mais une fois encore le football international (FIFA et CAF) fait une bien triste démonstration, au choix, de son immaturité ou de sa vénalité : comment continuer à cautionner des organisations aussi foireuses ? Peu de personnes connaissaient le Cabinda, petite enclave entre les deux Congo, comptant moins d’habitants que la ville de Lyon, et regorgeant de pétrole. Cette enclave fait pourtant partie intégrante de l’Angola, pays organisateur de la compétition en question, la coupe africaine des nations (CAN). Elle revendique son indépendance. L’Angola prétendait pourtant que tout y était calme et qu’aucun risque ne pouvait en surgir. On connaît la validité de ces “certificats” de circonstance. Personne ne va donc regarder plus loin?
Par jlhuss,
samedi 9 janvier 2010 à 10:13 ::Chambolle
J’ai accroché ma première truite il y a un peu plus d’un demi-siècle (comme c’est loin tout ça, aurait dit Alphonse Allais). Je passais des vacances familiales et humides (il pleuvait deux jours sur trois) dans une grande maison du Haut Jura. Cette bâtisse était entourée d’une prairie au bas de laquelle coulait le Doubs. Le Doubs n’est guère, à cet endroit, qu’une espèce de gros ruisseau. Mais, notre propriétaire nous l’avait dit et l’épicier, qui était aussi charcutier et boulanger, l’avait confirmé, dans ce ruisseau il y avait des truites. Et quelles truites ! Des poissons de rêve, musclés, vifs, méfiants et d’un goût !!! A faire se damner une seconde fois Dom Balaguère. Du coup mon père sentit renaître en lui une passion que son entrée dans la Résistance puis son engagement dans le journalisme de gauche, avaient momentanément étouffée : il décida de se remettre à la pêche.
Par jlhuss,
vendredi 8 janvier 2010 à 08:51 ::Divers
J’ai horreur des « nécros », elles donnent lieu le plus souvent à tous les excès. Soyez patient, le jour de votre mort c’est le « blanc » qui prendra, pour quelques heures, le dessus. Cependant, une fois n’est pas coutume, mes amis ne comprendraient pas que ce blog s’abstienne de quelques mots sur Philippe Séguin, au lendemain de sa disparition. Il a fait partie de mon environnement personnel de nombreuses années, enthousiasmé mes années militantes dans le parti gaulliste dont je fus si longtemps porte parole dans mon département. La presse est remplie de louanges, d’anecdotes, d’appréciations parfois contradictoires, de “clips” réducteurs etc. Je n’ajouterais rien à ce grand déballage de circonstance. Philippe Séguin lui-même, doit bien rire, de son grand rire, sur son petit nuage ; il n’était pas de ceux qui prisaient les civilités excessives et les encensements post-mortem même justifiés.
Cette manie des exigences contradictoires, donne à certaines rencontres des “reliefs” inattendus. Le maire d’une petite commune du Calvados, Gonneville-sur-Mer, refuse de décrocher le portrait du Maréchal Pétain de la salle des mariages. On précisera qu’il ne s’agit pas d’un “affichage” récent, mais d’une iconographie “héritée”. Le vieux soldat en pleine “dérive sénile” y figure au milieu de toute la collection des chefs de l’Etat Français depuis des lustres. J’ai parfois “visité”, des petites communes rurales qui s’enorgueillissent d’avoir conserver ces “images” jaunies au fil des ans. Il est vrai que je n’ai pas encore rencontré le vieux chef de Vichy, le plus souvent rapidement décroché par ses plus zélés admirateurs, à l’approche des troupes de libération.
La Licra crie au scandale et saisit le préfet du département pour faire cesser ce “trouble à l’ordre public” à Gonneville-sur-Mer.
Par jlhuss,
mercredi 6 janvier 2010 à 09:38 ::Arion
On ne trouvera guère plus « français » que Jules Renard. Un air de province à Paris, un soupçon de Paris en province, la dent dure et le cœur vulnérable, une ironie vacharde et un zest d’humour triste, avec cette suspicion paysanne devant toute esbroufe infatuée : tel est l’auteur de Poil de Carotte, secrètement amer de ne pas être celui de Cyrano, mais s’acceptant écrivain du bref, du ciselé, de l’acéré, du serti. Quand en 1896 il écrit les Histoires naturelles, il a trente-deux ans, quatorze à vivre encore (« La vie est courte, mais on s’ennuie quand même »), une triste enfance à digérer, un Journal à tenir jusqu’au bout, et ce goût d’une nature «bien de chez nous », le terroir familier, sa Nièvre, bêtes et plantes. Mais voilà qu’aimer la nature même cesse d’être simple, comme le suggère le chapitre Poissons. Aimer sans posséder ? Posséder sans tuer ? Pas facile d’être homme de conscience dans le concert du vivant. Que dirait-il aujourd’hui, homme de masse dans une nature appauvrie ?
Par jlhuss,
mardi 5 janvier 2010 à 07:41 ::Société
Le « boomerang » médiatique … C’est terrible ! Plus les médias ont prêté attention à une information «alarmiste» et relayé une panique organisée, plus ils brûlent le pompier pyromane découvert. Point besoin d’une mémoire excessive pour se rappeler les caméras au rouge permanent et les micros ouverts en continu pour Roselyne Bachelot et ceux qui prédisaient l’apocalypse grippal. Les secondes étaient rares pour ceux qui “baillaient” l’incertitude, le doute, voire la supercherie onéreuse. Les mêmes micros, caméras et plumitifs sont tout à coup les plus zélés pour jeter la pierre et crier au scandale. L’heure des morts du jour à la une est terminée pour passer à la tuerie du “baudet”. Pourtant des morts il y en a toujours. Il y en aura demain comme hier, hélas, mais ils ne sont plus “dans le vent”; ils n’ont plus aucune importance télégénique. Ayant été ici parmi les « assez rares » à mettre en doute la réalité des risques et la méthode utilisée, nous pouvons aujourd’hui, dans le même esprit non moutonnier, ne pas emprunter les trompettes de la condamnation sans nuances.
Par jlhuss,
dimanche 3 janvier 2010 à 07:43 ::Chambolle
Moi qui vous cause, j’ai connu l’époque où chaque journée d’école primaire commençait par le quart d’heure consacré à la Morale (majuscule de rigueur) lequel se décomposait comme suit : - L’instituteur/trice (le professeur des écoles restant à inventer) régalait sa classe d’une courte mais édifiante lecture. - A l’aide d’une craie très blanche, il écrivait sur un tableau très noir et dans une impeccable calligraphie, la sentence qui en découlait (Bien mal acquis ne profite jamais. Le travail est un trésor. Il faut se laver les dents chaque jour…) - Les élèves n’avaient plus qu’à recopier ce modèle en essayant de mettre à leur place les pleins et les déliés ce à quoi ils ne parvenaient pas toujours. - On passait à la suite.
Par jlhuss,
samedi 2 janvier 2010 à 01:33 ::Divers
C’est très court et très long à la fois. C’est surtout un cheminement du singulier au collectif, de la virtualité totale et dématérialisée à celle de la convivialité et du partage, du narcissisme à l’ouverture, du clavier de machine à écrire au “bidouillage HTML” (à ce titre, n’oubliez jamais de cliquer sur les photos et liens; vous aurez des surprises!)
“Aimablement le Journal Le Monde me propose d’ouvrir un “blog”. Ce mode de communication est en pleine expansion. Je trouve cette expérience intéressante sans être d’emblée convaincu. Le mode est un peu narcissique et sans doute personne ne vous lit véritablement…” C’est ainsi que s’ouvrait ce blog, il y a 5 ans, sous un titre d’ailleurs plus simple et qui dura peu : “Actu” … les comprimés furent prescrits plus tard, avec la citation fétiche de Desproges.
Dans cette note de mémoire non exhaustive, les paragraphes en italique sont certaines des contributions envoyées à l’occasion de ce petit événement. Vos commentaires pourront agrandir ce cercle.
Par jlhuss,
jeudi 31 décembre 2009 à 09:09 ::Société
Un sigle sans doute incompréhensible au premier coup d’œil pour le grand public : PARM ! Les « Permanenciers Auxiliaires de Régulation Médicale » … ça ne s’invente pas. De surcroît ils sont peu nombreux, à peine 2 000 dans le pays; on comprend mieux les raisons pour lesquelles ils ont tant de mal à se faire entendre, eux les champions de l’écoute. Eh! OUI ! C’est celle ou celui qui décroche le combiné quand, de plus en plus nombreux, vous faites le 15, au prise avec un problème sanitaire qui vous semble urgent, parfois simplement pour calmer une angoisse, faire partager un conflit familial, ou demander le plus banal des renseignements.
Par jlhuss,
mercredi 30 décembre 2009 à 14:26 ::Arion
Les jouisseurs intelligents sont mélancoliques. Ils savent mieux que personne la fragilité du plaisir, la course du temps, l’impossible retour. La vie et l’œuvre de Colette déclinent assurément la jubilation d’être, une sensualité joyeuse, animale, hors d’atteinte des dictats de la morale ; et cependant cette vie si capiteuse, cette œuvre si charnelle, ces phrases si surchargées de saveurs, de couleurs, d’odeurs et de sons, prennent souvent les intonations de la nostalgie. Inutile d’attendre pour cela la pénombre du Fanal bleu ou de L’Etoile Vesper, dernières œuvres de la vieille femme recluse par l’impotence dans son appartement du Palais-Royal. En 1908, quand elle écrit Les Vrilles de la vigne, « Claudine » n’a que trente-cinq ans, se jette à corps perdu dans la vie parisienne, danse nue au Moulin-Rouge, divorce, aime des femmes et des hommes, s’ébroue. Oui, mais rarement sans cette sorte de distance tranquille que donne le lest d’une enfance paysanne heureuse joint à l’aiguillon du « memento mori » : « Le temps s’en va, le temps s’en va, ma dame… »
Par jlhuss,
mardi 29 décembre 2009 à 09:22 ::Divers
Nos Réunionnais sont à nouveau confrontés aux rigueurs de l’hiver hémisphérique nord en guise de grandes vacances d’été en hémisphére sud ! L’occasion de revoir les dessins de Lod , en regrettant qu’ils se fassent si rares !
Par jlhuss,
lundi 28 décembre 2009 à 08:04 ::Société
Les deux réveillons de cette semaine de fêtes n’ont rien en commun, si ce n’est les agapes et encore ! Certes les vacances à la neige ou au soleil des îles lointaines, tendent à faire disparaître le côté famille “élargie” de ces moments. Mais la nuit de Noël conserve parfois encore ce caractère, avec le mélange des générations et la joie de la pyramide des âges autour de l’enfant émerveillé pouvant encore se rencontrer.
Rien de tel pour le réveillon de l’an neuf. La ségrégation des tranches d’âge reprend son rang pour une fête plus bacchique. Les enfants y perdent le premier rôle et les grands parents leurs places à «l’orchestre».
Le centre des appels d’urgences mesure très bien ces différences. Les journées qui suivent Noël et précèdent le 31 décembre peuvent parfois prendre l’aspect d’une vaste organisation de « soirée tranquille » pour tout le monde … en toute sécurité : les bancales à l’hosto, les plus jeunes au dodo, les actifs au goulot !
Par jlhuss,
dimanche 27 décembre 2009 à 09:25 ::Arion
Johnny Cash : Cocaïne
NON ! N’a pas “fumé la moquette” … Mais cette période de transition entre deux années nous permet quelques “relectures”
Dimanche jour réservé traditionnellement à la “grille du coq ” nous entraîne chez Arion et une note qu’il publiait dans cette série le 02 décembre 2007 (2 ans déja!). Elle n’a que très peu vieillie : normal puisqu’elle fantasme sur 2022 !
Les commentaires de l’époquesont respectés, les nouveaux seront les bienvenus !
Par jlhuss,
samedi 26 décembre 2009 à 10:09 ::Divers
De grands macarons pavent la porte vitrée ouverte à tous les vents de décembre : «Label rouge», «haute traçabilité», «maîtres artisans», «volailles de Bresse», «veaux élevés sous la mère» … Pétrifiée dans le marbre de sa caisse, bien en chair, Madame P. tape sur son terminal à carte, les doigts engourdis dans ses mitaines. La queue s’allonge sur le trottoir et sur le registre des commandes. Un mot aimable pour chaque vieille dame, à chaque marmot impatient un bonbon, à chacun ce sourire plein derrière des lunettes strassées, «Bonne fêtes à vous», «bonne chair à elle», «bonne dinde à lui», «bonne bourre à tous»…
Tous les jours, à l’heure encore noire, la boutique éclaire le pavé. Très tôt, le bœuf est arrivé en grande carcasse de chez Rembrandt, l’agneau en orgue de côtelettes de chez Chardin, sur la nuque encapuchonnée des « forts », aux biceps achilléens et aux mains vermeilles. Serge P. noue son tablier avec un soin kabbalistique tandis que vous vous débarbouillez encore de vos songes. Détaillée, bardée, persillée et mijotée dans l’office du sommeil dominical, la bête morte disparaît à jamais sous son couteau.
Par jlhuss,
mercredi 23 décembre 2009 à 09:39 ::Arion
Jean de La Fontaine est un de ces auteurs longtemps victimes de la « purge » soixante-huitarde. Il avait contribué à former la morale laïque de générations d’écoliers de France ; soudain il n’en fut plus question : mis à l’index pour crime de pensée bourgeoise et d’écriture élitiste par un soviet d’instits bêtes à faire rougir rétrospectivement nos « hussards noirs ». Relégué, La Fontaine ! ce miracle de culture, d’humour, de sagesse enracinée. Banni, l’un des orfèvres du vers français, l’un des passeurs de l’humanisme antique ! Sans la mémoire de leurs parents, les enfants des années 70-80 (qu’en est-il aujourd’hui ?) ignoreraient le bestiaire rimé de nos campagnes -héron, renard, belette et petit lapin- pour une leçon de générosité prudente et de lucidité persiffleuse. Quant aux fables sans animaux, celles où se joue directement la tragi-comédie de la vie sociale, elles sont souvent moins connues encore, à l’exception de celle que voici, très fameuse confrontation du petit peuple et de la haute bourgeoisie dans un Paris de la « mixité sociale » et d’avant la « lutte des classes ». Lire la suite
Par jlhuss,
mardi 22 décembre 2009 à 10:40 ::Société
Il y a d’une part le débat et d’autre part la manière de le mener. Lorsque le débat est sensible, la manière de le mener devient cruciale, le choix du moins mauvais moment en faisant partie ainsi que la séparation des difficultés et la décomposition en étapes progressives, etc. Si le débat est mal mené, voire que les citoyens ont l’impression de se faire avoir, les conséquences peuvent être déplorables. Personnellement j’ai horreur des tabous. Lorsque l’on nie quelque chose, cela finit toujours par pourrir et vous exploser à la figure. Comme le rappelle Arion , il en a été ainsi de l’insécurité à une époque (le peuple a horreur d’être pris pour un “con”, ou pire de se sentir “abandonné”, par exemple lorsqu’il assiste à des scènes répétées d’agressions et que les pouvoirs en place nient leur existence).
Les Celtes considéraient le 24 décembre, comme le jour de la renaissance du Soleil. Ils avaient coutume d’associer un arbre à chaque mois lunaire, ils avaient dédié l’épicéa, qui était l’arbre de l’enfantement, à ce jour-là. Au XIe siècle, les fidèles avaient coutume de présenter des scènes appelées Mystères, dont celle du Paradis. L’arbre du Paradis était souvent symbolisé par un sapin garni de pommes rouges. C’est en 1521 que le sapin ou arbre de Noël ou encore arbre du Christ a été mentionné pour la première fois en Alsace. Il existe également des documents attestant d’une fête le 24 décembre Au XIIe siècle la tradition du sapin apparait en Europe, en Alsace. On parle alors de décorer les maisons avec des branches coupées 3 jours avant Noël. Il était répandu en Alsace et dans la région de Bâle. Il représentait à l’origine l’Arbre d’Eden dans les mystères joués la veille de Noël sur les bords du Rhin. Pour le décorer, on attachait des pommes à ses branches. En 1546, on parle sérieusement d’arbres de Noël quand la ville de Sélestat en Alsace autorise à couper des arbres verts pour Noël, au cours de la nuit de la Saint Thomas, le 21 décembre. Lire la suite