Par jlhuss,
lundi 30 novembre 2009 à 09:02 ::Société
L’un de mes Amis, Patrick Tuphé , est intervenu dans le cadre des derniers “Entretiens d’Auxerre” sur le thème de “l’Argent“. Son témoignage s’appuie sur son expérience, familiale, personnelle et professionnelle, sur des anecdotes et sur les échanges q’il a pu avoir avec quelques amis chefs d’entreprise et avec ses associés. Cette approche est par définition totalement subjective comme il se plaît à le dire lui-même. Il a eu la gentillesse de me confier son texte et de m’autoriser à le publier.Cette remarquable communication, très personnelle est longue pour une seule note. La publication s’effectura en plusieurs fois et une page sera ensuite dédiée. Cette communication brille d’une vraie connaissance de terrain et d’une expérience véritable, nous éloignant des habituels poncifs et des “grandiloquences” universitaires.
Par jlhuss,
dimanche 29 novembre 2009 à 10:19 ::Arion
Ce qu’il y de bien avec les « petites phrases », c’est l’authenticité. Ça sort tout brut du fond de ces grands enfants que sont nos pipoles dès qu’ils croient que les journalistes ont le dos tourné. Leurs petites phrases nous dispensent donc de leurs longs discours. En politique c’est toujours du temps de gagné : depuis que les cadors avouent leurs nègres, pourquoi voulez-vous qu’on s’embarrasse à peser à la lettre les laïus de podium, si ce n’est pas celui qui les dit qui les fait. La Grille du coq rassemble ici dix des perles de culture (ou d’inculture) qui ont pu faire mousser la chronique récente . Nous nous fions à la sagacité des lecteurs d’Actu pour rendre à César ce qui est à César. Testez vos connaissances.
Par jlhuss,
vendredi 27 novembre 2009 à 08:11 ::Chambolle
Rien de nouveau sous le soleil. Sans remonter à Mathusalem ou à Ramses II, suffit de lire les chroniqueurs du Moyen-Âge pour constater qu’on utilise toujours les mêmes vieux trucs. Pour attendrir le donateur, rien de tel que d’éveiller sa mauvaise conscience, vu que, judéo-chrétien indélébile, musulman fidèle, bouddhiste intransigeant, humaniste grand teint ou marxiste invétéré, on a tous des choses à se faire pardonner et on dira ce qu’on voudra, faire l’aumône ça n’allège pas seulement le porte-monnaie, ça calme toujours un peu les démangeaisons morales. La preuve, comme l’a si bien remarqué un anticlérical aujourd’hui disparu, la seule cérémonie commune à toutes les religions et à toutes les idéologies, c’est la quête.
Par jlhuss,
jeudi 26 novembre 2009 à 10:09 ::Société
Nous avons eu droit à de vibrants éloges de Claude Lévi-Strauss (CLS), donnant d’ailleurs l’occasion d’aborder à nouveau le problème de l’identité. Sa pensée est effectivement un élément pertinent pour aborder cette question. Mais certains invoquent le caractère scientifique de cette “pensée” pour clore tout débat.
Pas d’ambiguïté pour moi, le racisme est méprisable et je n’ai pas besoin de savoir s’il a des bases scientifiques ou non. Le public, souvent impressionné, met au même niveau de vérité tout ce qui se réclame de la science, pendant que certains ramènent tout à un joyeux relativisme : tout se vaut. Il y a en matière de sciences des niveaux différents : niveaux de rigueur, d’honnêteté, d’observation, d’expérimentation, d’approfondissement, etc. Ainsi certains travaux de sciences humaines sont plus scientifiques que d’autres. Il est en général aisé pour un “spécialiste” de “déconstruire” n’importe quels travaux, parfois abusivement comme à l’occasion de l’affaire Sokal et Bricmont . Cependant même un défenseur du caractère hautement scientifique des travaux de CLS reconnaîtra qu’ils sont appelés à être dépassés un jour ou l’autre. “Dépassés” peut vouloir dire “être détrompés en partie“, et ce quelque soit le niveau scientifique atteint. Il faut toujours avoir un peu de recul.
Par jlhuss,
mercredi 25 novembre 2009 à 07:33 ::Arion
Est-il possible d’attendre jusqu’à l’âge de vingt-et-un ans pour apprendre que sa « sœur » est sa mère ? d’être fasciné par les yeux d’une Elsa et par ceux de beaux jeunes gens ? Oui, c’est possible : Louis Aragon. Est-il possible de promouvoir avec André Breton la «révolution surréaliste » et d’orchestrer magistralement l’alexandrin classique ? Oui, c’est possible : Louis Aragon. Est-il possible de suivre le Parti communiste français dans ses courages comme dans ses pires errements, tout en demeurant l’un des grands poètes du siècle dernier ? Oui, c’est possible : Aragon. Bref, est-ce qu’on peut être contradictoire et vrai ? dire profond et parler simple ? chanter savant et populaire ? patriote et universel ? Oui, c’est possible. La preuve, parmi tant de poèmes d’Aragon, le si fameux hommage posthume aux vingt-trois du groupe Manouchian fusillés par les Allemands le 19 février 1944.
Par jlhuss,
mardi 24 novembre 2009 à 10:11 ::Divers
Le H1N1 et Bachelot, les myopathes et le Téléthon, les malades du SIDA et Bergé fâché, la concurrence sur les antennes pour le plus malade, le plus méritant etc. ça devient lassant, même “gonflant”. Ces actualités buzzées, (tout les jours un buzz chasse l’autre !)tellement déprimantes, avec tout plein d’experts contradictoires, le réveil de la peur gauloise du ciel qui va nous tomber sur la tête, ça commence un peu à saouler !
Actu a décidé de s’offrir une petite respiration légère, pour se détendre, pour retrouver un peu d’insouscience : quelques petits moments drôles pour oublier la grisaille et le catastrophisme. Fan a commencé hier avec son “poème alphabétique”, continuons aujourd’hui avec ces vidéos des frères Taloches à l’exceptionnelle gestuelle.
Par jlhuss,
dimanche 22 novembre 2009 à 08:34 ::Arion
On connaissaitle talond’Achille,la cuissede Jupiter etle nezde Cléopâtre,le genoude Claire etl’oreillede Moscou. On disposera maintenant de« la main d’Henry »pour désigner non pas seulement la tricherie d’un joueur dans une compétition sportive internationale, mais un ensemble de comportements croquelinesques qui signe l’époque.
Certes, le football professionnel est au premier rang des dérives. Cesubstitut de la guerreest désormais la guerre même. Pour entrer dans le processus de la « sublimation », cette sorte de leurre consenti offrant un dérivatif à la pulsion brute (comme dirait le psy), il faut un minimum sinon de culture au moins d’éducation. Ces deux denrées se faisant rares, on ne s’étonne pas de voir dans les gradins et les rues, les soirs de rencontres, déferler ces hordes de pandours « pleins de bière et de drame » pour qui les tatillonneries d’un jeu raffiné ne sont quevains retardements de l’empoigne, la hargne, la castagne.
Par jlhuss,
samedi 21 novembre 2009 à 08:45 ::Société
“Il faut relativiser le mot de Science en ce qui concerne les Sciences Humaines.” [Judem ]
Certes les sciences humaines se prêtent davantage au charlatanisme que d’autres formes de science … parce que souvent la réflexion s’appuie sur des données de base invérifiables. On fait confiance à ce que nous dit “l’ethnologue voyageur” *** parce qu’on ne va pas sur le terrain vérifier ses assertions (et pour cause!), et que le plus souvent il se forme des “paires” qui se cooptent et s’encensent mutuellement (prenant bien garde de ne pas publier, ou bien de publier dans des cénacles notoirement incompétents, ou complices: passe moi la rhubarbe et je te passe le séné).
[*** C’est pourquoi ils vont plus souvent “étudier” en haute Amazonie que dans les proches banlieues où pourtant ce ne serait pas du luxe!]
Réunis au sein d’une société secrète La Marianne,les républicains de plusieurs départements prirent les armes pour s’opposer au coup d’état, déclenché le 2 décembre 1851, par celui qui n’était pas encore l’Empereur Napoléon III (Badinguet pour ses opposants). En Bourgogne les mouvements les plus importants eurent lieu dans la Nièvre, à Clamecy et dans l’Yonne, en Puisaye, entre Saint Sauveur et Toucy.
*
“ Tu sauras, me dit le père Robert, un jour qu’assis à l’auberge de la route d’Egleny nous vidions une chopine de Palotte , tu sauras que même les pires tragédies ont parfois un côté farce qui vous réconcilie avec la vie” J’approuvais d’un signe de tête. Mon vieil ami est un excellent homme à condition qu’on ne le contredise pas. Cependant, le père Robert continuait: “ Je t’ai souvent raconté comment nous autres, les enfants de la Marianne du canton de Saint-Sauveur, aussitôt appris le coup d’Etat du Prince Président, on s’était mis en route pour sauver la République et comment, à Toucy , on s’était fait sabrer par un parti de lanciers. On a bien essayé de résister, mais on n’était pas en force. Alors, quand j’ai vu qu’il n’y avait plus rien à faire, j’ai enfilé une venelle et, avec mon ami, le Justin Moreau, on s’est sauvé pour revenir à Saint-Sauveur . Bien sûr, on a coupé par les bois afin d’éviter les gendarmes, des vaches qui se seraient fait un plaisir de nous mettre la main au collet maintenant que la chasse au rouge était ouverte. Malheureusement on s’est perdu ! La nuit nous a pris. On l’a passée comme on a pu.
Par jlhuss,
jeudi 19 novembre 2009 à 07:43 ::Société
C’est ainsi, celui qui brave la Loi et les polices devient vite un héros populaire. Les discussions autour des bars et sur les trottoirs à cigarettes ne concernent absolument pas la moutarde de Dijon et les délires ubuesques du couple Peillon-Ségolène, ni la suppression de la taxe professionnelle et la réforme des collectivités territoriales, pas plus que le Président Obama s’inclinant devant l’Empereur du Japon ou Sarkozy en voyage éclair au Moyen-Orient ou ailleurs.
NON ! Les discussions naturelles s’organisent (en dehors du foot et d’Algérie-Egypte ou de France-Irlande), autour de deux nouveaux héros : Jean-PierreTreiber toujours en cavale et Toni Musulin le convoyeur qui refuse de révéler la cachette des 2.5 millions d’euros !
Par jlhuss,
mercredi 18 novembre 2009 à 07:41 ::Arion
On visite sa “librairie”, bibliothèque et cabinet de travail dans une tour ronde aux allures de pigeonnier, campée dans la cour d’un château girondin. C’est en ce coin du royaume de France que naît Michel Eyquem, quarante ans après la découverte de l’Amérique ; là qu’il meurt, vingt ans après la Saint-Barthélémy ; là qu’il vit, seigneur de Montaigne, entre ses obligations publiques, ses entremises diplomatiques, ses voyages à travers l’Europe afin d’y prendre les eaux pour les reins et l’air du temps pour l’intelligence. C’est là surtout qu’il rédige ses Essais, un bizarre mixte d’autobiographie et de fourre-tout philosophique, au sens où il y puise à toutes les sources l’eau bonne d’une sagesse à vivre et à mourir. Avec au coeur de cette sagesse, (puisque “chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage”), une tendresse rare en son temps pour les civilisations “premières” et la colère contre leurs bourreaux.
Par jlhuss,
mardi 17 novembre 2009 à 08:30 ::Société
C’est un Sarkozy un peu inhabituel que vous pourrez découvrir sur cette vidéo. Il décore Dany Boon dans les salons de l'Elysée et se "lâche" sortant d'un texte préparé pour adopter l'hésitation du coeur, et l'impro de l'artiste. Certains prétendent qu’il s’agit là du “vrai Sarko“. C’est bien sûr grotesque, sans fondement et ne veut rien dire, mais cette vidéo est assez rafraîchissante. Un article est paru dans Rue 89 à ce sujet.
Il est évident que les “intellectuels” se gausseront, les “viscéraux” éructeront, certains adorateurs de Dany Boon deviendront d’un seul coup des détracteurs acerbes etc. Cet espace sous les lambris résonne pour moi un peu comme une provocation à laquelle je n’ai pas pu résister
Par jlhuss,
lundi 16 novembre 2009 à 08:46 ::Société
Il vient de nous quitter, après un siècle passé sur cette planète à observer, essayer de comprendre, faire partager sa connaissance, Lévi-Strauss est l’un des pères fondateurs de la pensée structuraliste ; auteur d’une œuvre considérable pour les sciences et pour la compréhension de l’homme.
Dans un opuscule, intitulé Race et Histoire, Claude Lévi-Strauss s’est proposé de réfuter l’idée d’une supériorité ou d’une exemplarité de l’histoire occidentale par rapport à celles d’autres cultures. Il s’est attelé, d’abord, à souligner la distinction entre race et culture et observe ainsi, que si les races se comptent par unités, les cultures, elles, se comptent par milliers. Logiquement, on ne peut donc pas dire qu’il existe une culture de l’homme blanc, une culture de l’homme noir, etc.
Certes, il existe bien des différences entre cultures, mais elles peuvent être attribuées à des « circonstances géographiques, historiques et sociologiques, non à des aptitudes distinctes liées à la constitution anatomique ou physiologiques des noirs, des jaunes ou des blancs ». Le problème posé par la confrontation des cultures est-il un obstacle à l’unité du genre humain ? : “Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie.”
A un moment ou “l’identité ” fait recette, je conseille la relecture de ce grand esprit et vous livre une de “ses pages”.
Par jlhuss,
dimanche 15 novembre 2009 à 09:46 ::Arion
Tout change, mais là non : la « polysémie du pied » n’est ni une tendinite d’Achille ni une épine calcanéenne, c’est bien toujours l’ensemble des sens propres et figurés du mot désignant le seul organe à chaussure de notre anatomie. Et le fait est qu’on trouve des pieds partout : de géranium sur le balcon, d’alexandrin chez Racine, de cochon chez le charcutier, bref : « Haut les pieds ! » Mais c’est encore en politique, de droite et de gauche, qu’ils sont le plus savoureux.
Les tenants du Parti de la Rose, qui ne savent toujours pas où donner de la tête, vont de nouveau rêvant ces temps-ci que Dominique Strauss-Kahn pourrait en 2012 leur retirer une belle épine du pied, être leur botte de Nevers contre un Sarko remis sur le pied de guerre après toutes ses entorses. Hélas ! je crains fort qu’ils ne se mettent l’orteil dans l’œil jusqu’au métatarse. D’abord parce qu’on croit savoir que DSK au FMI prend son pied de toutes les manières ; ensuite parce que le Président, qui cache un mocassin sous la tatane, se tirera finement du mauvais pas en offrant un nouveau fromage à cette pointure.
Par jlhuss,
samedi 14 novembre 2009 à 10:31 ::Politique
Enfin ! Oufff ! Grand soupir de soulagement ! Dans cette époque tellement politiquement tournée vers le scoop, le buzz, l’annonce … l’information paillette et inutile, il faut bien reconnaître que depuis de nombreuses semaines l’UMP et la droite menaient les chose bon train et tenaient très largement la corde. Le calme silencieux (j’ai pas dit studieux) du PS et de la gauche en général était impressionnant, presque neurasthénique. Impossible pour les adversaires de risquer la moindre critique; il est difficile de critiquer le néant. Ce silence aurait pu même apparaître stratégique ? C’était sans compter sur Ségolène Royal.
Il faut se rendre à l’évidence qu’en matière de création de l’événement et d’exploitation du rien, elle possède des dons indiscutables. Ségolène et Nicolas sont en quelque sorte les deux revers d’un même médaille dans la manière d’exploiter les médias. Ils ont l’art de créer le débat là ou il ne s’impose pas de manière évidente et de se propulser ou personne ne les cherche.
Par jlhuss,
vendredi 13 novembre 2009 à 10:59 ::Chambolle
A la mémoire du caporal Paul-Marius Henry, tué à l’ennemi le 17 avril 1916 et du soldat Olivier Léger, mort des suites d’une blessure de guerre, le matin de Noël 1942
Les tonnes d’éloquence compassionnelle et pleurnicharde sous lesquelles on ensevelit aujourd’hui la mémoire des combattants de la première guerre mondiale ont fini par m’exaspérer autant que me révoltaient les rodomontades à la Déroulède, débitées il y a cinquante ans par des patriotes de fin de banquet.
L’horreur de la guerre n’est pas plus soluble dans la niaiserie des bons sentiments que dans l’imbécillité nationaliste. En faisant comme si, tout étant égal à tout, n’étaient tombées, dans les deux camps, que les victimes innocentes d’une folie dont, à vrai dire, on ne désigne jamais clairement les coupables, on transforme ces hommes en une grande masse passive et triste, perpétuellement dépassée par les événements.
Par jlhuss,
jeudi 12 novembre 2009 à 07:42 ::Divers
Les cérémonies du 11 novembre évoquent toujours un passé des plus douloureux, tragique, même à l’heure ou les “poilus” ont tous disparus. Les images de la “réconciliation” avec l’Allemagne, fortes, émouvantes, ne peuvent faire oublier ceux dont on ne parle plus beaucoup : les soldats musulmans ayant combattu dans les rangs de l’armée française.
Beaucoup de nos concitoyens en effet, particulièrement les nouvelles générations, semblent ignorer le rôle et l’immense sacrifice des soldats africains toutes origines confondues, lors de la première guerre mondiale.
Ces soldats en très grande majorité musulmans constituaient la presque totalité de l’Armée d’Afrique.
Aucune cérémonie spécifique et régulière ne commémore leur participation à ce conflit. Pourtant ces “oubliés ” de l’Histoire ont contribué à marquer le cours des événements mondiaux de l’époque. Des hommes auxquels la France et avec elle l’Occident doivent beaucoup.
Par jlhuss,
mercredi 11 novembre 2009 à 09:21 ::Arion
Voltaire, son rival malheureux à l’Académie, lui reprochait de “peser des riens dans des balances de toile d’araignée”, pointant ainsi chez l’auteur de La Double inconstance un excès de raffinement dans l’analyse des sentiments. Pour nous, Marivaux souvent n’est guère plus que le père du “marivaudage”, grâces légères et capricieuses du “jeu de l’amour et du hasard”. On oublie complètement la part qu’il prit au combat des Lumières en démontant les préjugés sexistes et nobiliaires de son temps, notamment dans deux comédies en un acte : La Colonie et L’Île des esclaves. Après leur naufrage sur une île déserte, les hommes de La Colonie sont sur le point d’établir une constitution pour leur petite société ; les femmes exigent leur part des décisions. C’est dire comme est ancien chez nous le combat pour l’égalité des sexes. “Et quand même nous ne réussirions pas, dit Arthénice au début de la pièce, nos petites-filles réussiront.” La prophétie s’est-elle réalisée ?
Par jlhuss,
mardi 10 novembre 2009 à 09:13 ::Société
La polémique autour de la présence ou non de Nicolas Sarkozy au pied du mur de Berlinle 09 novembre1989 est bien caractéristique de notre époque médiatico-loufoque. En terme de non-événement on ne peut guère faire mieux : tout cela n’a absolument aucune importance sauf pour faire une note sur la folle époque. Il est vraisemblable que Sarkozy était à Colombey les Deux Eglises le fameux 9 novembre, pour célébrer avec les caciques du RPR -il ne les quittait pas d’une semelle depuis le berceau- l’anniversaire de la disparition du Général de Gaulle. Juppé bégaie et le Premier ministre s’en mêle assurant avoir croisé Nicolas Sarkozy dans la soirée du 9 novembre 1989 à Berlin . Fillon, membre de la commission de la Défense à l’Assemblée, était, lui, à Berlin depuis le 7 novembre !
Mais rappelons aussi que Colombey est sur la route de Berlin ! Alors le 9 ou un peu plus tard dans une très longue soirée ? Je le répète aucune importance : une chose est certaine, hier il y était sous les parapluies et les flashs !
Et Colombey alors ? Mais … il y était aussi … certainement ! Vous connaissez cette histoire : Jésus et ses apôtres étaient au café; Jésus dit à Pierre -”Pierre va donc voir au café d’en face si j’y suis”. Pierre se lève, va au café d’en face … Il y était !
Par jlhuss,
lundi 9 novembre 2009 à 08:31 ::Société
C’est épisodique et lancinant, une vraie chronicité ! Dès que l’on aborde le douloureux problème de la restructuration des moyens sanitaires, le même scénario : Cris scandalisés (“Morts assurés”) d’un côté et satisfaction (“Ils sont tellement mauvais”) de l’autre. La dernière séance, traitait des “blocs opératoires” : il est proposé de considérer comme anormal et même dangereux le maintien en activité de telles unités. Elles ne répondent plus aux impératifs d’une chirurgie moderne, tant sur le plan technique que sur celui des hommes et des personnels. Personnellement je suis atterré d’entendre la démagogie des uns et l’auto satisfaction des autres dans des débats biaisés aux relents populistes.
Par jlhuss,
dimanche 8 novembre 2009 à 10:33 ::Arion
Au moins, avec l’extrême gauche et l’extrême droite, on sait à quoi s’en tenir : c’est non ! FN et NPA même ritournelle : « J’ai rêvé d’un autre monde », l’un qui n’existe pas, l’autre qui n’existe plus, ce qui dispense d’améliorer celui-ci… Du PS au MoDem en passant par les frondeurs de l’UMP, les autres forces politiques s’opposant à l’ardeur réformatrice de l’actuel gouvernement entonnent sur tous les toits, chacun dans sa tessiture, la même Javanaise : « Nous nous aimons le temps d’une chanson » ; avec comme refrain, au lancement de tout chantier présidentiel : « Évidemment, mais pas comme ça ». Voici quelques échantillons de ce conservatisme bien tempéré.
Par jlhuss,
vendredi 6 novembre 2009 à 08:01 ::Société
Pendant trois jours à Auxerre, d’éminents universitaires et sociologues tiendront “tables rondes” ouvertes à l’occasion des traditionnels“Entretiens d’Auxerre “, créés par Leo Hamon et de nos jours sous la responsabilités des “Cercle Condorcet ” de l’Yonne. Le thème 2009 est “l’argent”; occasion pour nous de vous présenter ces entretiens et d’annexer un texte à la manière de “mes pages” d’Arion , mais sans son talent. Il s’agira bien sûr, l’imagination n’est pas au rendez-vous, du roman de Zola du même nom : “L’argent”. Arion nous a déja donné une belle page de cet auteur . L’idée de départ de Zola est d’écrire un récit sur la débâcle politique du second Empire, puis le projet du roman sur la bourse s’impose. On y retrouve ceux pour qui l’argent est mauvais par principe “toutes nos crises, toute notre anarchie viennent de là … Il faut tuer, tuer l’argent” . Mais nous retrouverons beaucoup plus ceux qui s’en nourrissent, le gèrent.
Par jlhuss,
jeudi 5 novembre 2009 à 20:05 ::Chambolle
L’idée de débattre de l’identité de la France n’est en rien scandaleuse. Que les citoyens d’un pays s’interrogent leur façon d’aborder la politique, leur conception du vote et du respect de la loi, leurs rapports à leur histoire à leur culture et à celle d’autres peuples proches ou lointains, leur idée de la solidarité, en bref ce qui fait qu’habitants d’un espace géographique donné, ils réussissent tant bien que mal à vivre ensemble ne me choque nullement. Une nation ne peut subsister qu’au prix d’une perpétuelle confrontation avec elle-même. Depuis, au moins la fin du Moyen-Âge, l’interrogation lancinante pour savoir à quels rites, à quels signes, à quels mots de passe, à quels symboles, des hommes et des femmes peuvent se reconnaître Français, n’a jamais cessé. Il n’y a aucune raison pour qu’elle s’arrête aujourd’hui. Ce n’est d’ailleurs pas le cas. Il suffit, pour s’en convaincre, d’ouvrir un journal ou de tenter de dénombrer, dans les rayons des librairies, la somme d’ouvrages anciens ou nouveaux consacrés à ces questions. C’est pourquoi, limiter le vaste questionnement toujours renouvelé, sur ce qui fait de notre nation ce qu’elle est à une opération administrative est un non-sens.
Par jlhuss,
mercredi 4 novembre 2009 à 08:30 ::Arion
Notre littérature, c’est quelques arsouilles géniales et une foule de justes rayonnants. Et parmi ces justes, Jean Bruller, un homme aux actes et aux mots nobles. Noblesse d’oser avec Pierre de Lescure créer en 1941 Les Editions de minuit qui donnent une de ses voix clandestines à la Résistance ; d’y publier sous le pseudonyme de Vercors le plus beau livre de la France occupée, Le Silence de la mer. Noblesse de se retirer trois ans plus tard, quand le rôle de cette maison d’édition paraît accompli. Noblesse d’abandonner le Parti communiste français du moment qu’il soutient, en 56, la remise au pas de la Hongrie par l’armée soviétique ; noblesse l’année suivante de refuser la Légion d’honneur pour protester contre la torture en Algérie. Noblesse, chez ce fils d’un émigré Hongrois et d’une fille du Berry, d’aimer la France pour le meilleur et de la bousculer pour le pire. Le meilleur et le pire d’elle sont justement réunis dans la bouleversante Marche à l’étoile, à travers l’amour du Hongrois Thomas Muritz pour un pays d’accueil qui lui dit d’emblée : « Tu es l’un des nôtres » et lui fait place, avant de le trahir atrocement dans la folie de l’Occupation. Préférons la partie radieuse du récit : celle où le jeune homme gagne la France de ses rêves, non pas « Eldorado » mais « Terre promise ».
Par jlhuss,
mardi 3 novembre 2009 à 09:48 ::Société
“Quel autre antidote à la mondialisation que la nation ?”
J’avoue que je n’avais pas compris les choses sous ce jour là (au départ).
N’effet, s’il s’agit bien (mais c’est po sûr), dans l’esprit des “provocateurs” du fameux débat sur “l’identité nationale”, de lutter contre la “mondialisation”, alors …
Comme disait Jean (Jaurès) : “N’ayant pas la force d’agir, ils dissertent.”
A perte de vue même, qu’ils dissertent.
“Cause toujours ma poule !” (ça, c’est du Baptisse, pas du Jaurès)
N’attendant de quoi qu’y causent avec élégance nos “nationalisants propres sur eux” ?
Des boug…., pardon, des z’étrangers (qwo), qui “viennent jusque dans nos bras”, des burqas, de nos pauvres filles (qu’on a), qui peuvent pu traverser certains quartiers le soir, de la “fille aînée de l’Église”, j’en passe (et des plus raides encore).
Par jlhuss,
lundi 2 novembre 2009 à 08:56 ::Société
Une vaste étude mérite lecture : Pour la première fois le destin des enfants d’immigrés est étudié avec sérieux semble-t-il. Le sous-titre est à lui seul tout un programme , “le désenchaînement des générations” …
Elle montre leur ascension sociale par les études. Les auteurs ne se focalisent pas sur les « ghettos » ou les banlieues difficiles, seulement 20% y vivent ! Ils ne cherchent pas non plus à démontrer que tout est parfait dans le meilleur des mondes. Ils disent simplement, à la lumière de leurs études sérieuses, que l’intégration, « ça marche ».
Les « pauvres » quittant leur pays d’origine, à cause de cette pauvreté, pour essayer d’y échapper, ont tiré profit globalement de cette migration à la fois du désespoir et de l’espoir.
Très souvent démunis et peu éduqués, ils se sont retrouvés sur les mêmes railsque les prolétaires hexagonaux, pas plus mais pas moins. Leurs enfants ont connu la même mobilité sociale. Pas plus, mais pas moins. Les réussites éclatantes restent donc l’exception, mais existent.
Par jlhuss,
dimanche 1 novembre 2009 à 08:38 ::Arion
Qui n’a pas vu le film de Luigi Comencini doit combler cette lacune au plus vite. Difficile de trouver plus forte fable, mais fine et poignante et drôle, sur l’éternelle fascination du gain, le tango de la détestation dansé par le pauvre et le riche, ou, pour parler chic, la lutte du capital et du prolétariat.
Tiens, la vieille pour nous, ces temps-ci, ce ne serait pas la finance internationale dans le scopone scientifico , ce jeu de cartes dont nous sortons raclés ? « Je te prête, tu t’endettes, je te liquide, je perds des plumes, les Etats me renflouent, je ne prête plus, tu rames pour longtemps, je me refais vite, j’invente d’autres martingales et c’est reparti pour une donne. »