1018_ionesco624117.1263125197.jpg Il nait à Slatina il y a juste un siècle et meurt à Paris voilà quinze ans. Un père roumain plutôt sale type, une mère française qui rame seule entre deux pays, un Eugène besognant pour manger avant de devenir en 1950 l’auteur d’une petite bombe (elle pète encore) : La Cantatrice chauve. C’est la  première salve d’un “théâtre de l’absurde” qui, de Chaises en Rhinocéros,  conduira Ionesco à cette soirée des Molières du 7 mai 1989 où le public ovationne un vieillard au balcon du Châtelet, blême, renonçant à se lever,  prêchant  “l’émerveillement” d’une voix d’outre-tombe… La mort,  hantise d’une oeuvre qui cherche à l’exorciser dans la dérision. Une pièce d’Ionesco, et surtout Le Roi se meurt, c’est comme la vie : une “tragédie bouffonne”. Bérenger Ier doit mourir tout à l’heure, à la fin de la pièce. C’est un roi parano, l’archétype du despote, mais c’est chacun de nous pitoyable,  et c’est l’Homme éternel, incapable de se résoudre à ne plus être.

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