aldente.1263509553.jpgToujours à la mi-janvier quelque chose de vaporeux flotte  sur l’Hexagone. Une douce atonie, une torpeur, un vague air de n’y pas croire. Ça n’adhère pas. C’est mou. Ce ne sont pas les événements qui manquent, c’est l’envie de les prendre au sérieux  : l’effroi du réchauffement quand on a croulé sous la neige ; une grippette gentillette quand on  nous annonçait la tueuse du siècle ;  des coups de couteau dans le bide au lycée , quand on sait que les ados 2010 , avec leur console de jeux greffé dans le lobe frontal, ont trois ou quatre vies en réserve pour des boucheries numérisées où le sang ne tache pas. D’ailleurs les gens claquent comme des bulles : Philippe Séguin , Eric Rohmer, Mano Solo, le mari de ma voisine. Pftt. Ainsi va la vie, ma pauv’dame : trois p’tits tours et puis s’en vont.

Bref, on s’en tape. Est-ce un symptôme d’après galette, le vertige de la plage vide jusqu’à la St Valentin ? Satiété ou manque d’agapes ? On voudrait du consistant pauvre, genre pâtes qui tiennent au corps, comme un bon gros mouvement social (il paraît qu’on nous en chauffe) ; ou du salé, comme une bonne grosse vanne sarkozienne (un double discours aux péquenauds, par exemple ) ; ou du sidérant, comme un album dark metal de Carla Bruni, l’intrusion chez Bayrou d’une Ségolène Royal déguisée en releveur du gaz, un  duel à l’aube dans les fossés de Vincennes entre Johnny et le chirurgien des stars. Enfin n’importe, pipole ou populo, mais  de l’al dente  !

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