Chambolle - "A©tu bien pris tes comprimés"?

mardi 17 août 2010

Le cocido du pèlerin

baton-de-houx.1271404874.jpgLes recettes de l’oncle Chambolle n°9

cartes-postales-photos-vue-generale-et-la-riviere-la-seille-louhans-71500-2930-20070828-2v7q5l9t7p1n7n8z9z5f-1-maxi.1281970722.jpg Pour la centième fois peut-être depuis son départ, Alphonse  Lemonot se demanda quelle mouche diabolique l’avait piqué le jour où il avait décidé de quitter, la Bresse, Louhans et les bords de la Seille pour s’en aller en Galice prier Saint Jacques. Voilà où conduisaient l’orgueil et l’envie. Il avait voulu faire mieux et plus que son voisin. Le Stéphène Delarche, avait fait le voyage du Mont Saint Michel et depuis, il ne se passait pas une veillée sans qu’il se mette à rabâcher sur de l’archange, son église et les dangers courus pour l’atteindre.. Pour rabattre le caquet de ce vantard, Alphonse avait donc décidé d’entreprendre le long et dangereux pèlerinage de Santiago.
Il y avait aussi une autre raison. Lui et Suzanne, sa femme, attendaient en vain depuis leurs noces, célébrées cinq ans auparavant la venue d’un héritier. Or, peu après le retour de son homme, Lucie Delarche s’était trouvée grosse et, neuf mois plus tard, elle avait donné naissance à un gros garçon qu’ils avaient baptisé Michel car ils prétendaient que c’était grâce à l’intercession de l’archange que leur union avait, enfin, cessé d’être stérile.
« Auraient-mieux fait de l’appeler Gaston » maugréa Alphonse, ce qui était à la fois une calomnie et un blasphème. Gaston Manillier, curé de la paroisse, menait, depuis toujours, une vie d’une pureté évangélique et il avait dépassé l’âge vénérable de septante ans. Rien ne permettait donc de lui attribuer la paternité du jeune Delarche. Mais la faim, la soif et la fatigue sont de pernicieux conseillers et non seulement, Alphonse était épuisé, mais il avait aussi le gosier sec et l’estomac vide  perdu qu’il était dans le páramo cette version castillane du désert. Voilà pourquoi, oubliant qu’un bon pèlerin doit bénir le ciel lorsqu’il lui plaît de le soumettre à une épreuve, le Bressan se laissait aller à médire d’un membre du clergé ce qui n’est certes pas la meilleure façon d’obtenir d’un saint apôtre qu’il vous fasse cadeau d’un petit Lemonot.

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vendredi 6 août 2010

Justice et efficacité

capture.1281043626.JPG Lu dans Le Monde du 5 août 2010 : «  Damien Meslot, député UMP de Belfort a déposé mardi, une proposition de loi pour autoriser la déchéance de nationalité à l’encontre des étrangers naturalisés depuis moins de dix ans et condamnés à une peine de plus de trois mois de prison ferme (1) . »


Whaoouu ! ! ! Ils sont de plus en plus fort à l’UMP ! Du coup, pendant que la petite dernière faisait la sieste, je me suis permis un peu de politique fiction :
Le Président du tribunal essuya ses lunettes. Encore une affaire et cette interminable journée serait terminée. Il se tourna vers le procureur qui était en train de s’entretenir avec la greffière.

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dimanche 18 juillet 2010

Le tueur de temps

18436236-r_760_x-f_jpg-q_x-20050701_052117.1279433686.jpgLes métiers d’avenir :

Le métier n’est pas simple. Les anciens le disaient déja : “le temps fuit comme une ombre” ! Or, quoi de plus difficile que de saisir d’une ombre ? Satan, lui-même, n’est parvenu à s’emparer de celle du capitaine Schlemil qu’en s’assurant le concours d’une célèbre courtisane vénitienne ce qui n’est pas à la portée du premier venu (1).

On peut le regretter, mais l’homme moyen n’a pas, comme le Prince de ce Monde, des colliers de diamants à sa disposition pour rétribuer d’éventuelles collaboratrices. Il en sera donc réduit à tuer le temps avec les moyens du bord et, répétons le, l’entreprise est des plus ardues. Un exemple suffira à le prouver. Le doigt sur la détente, vous vous êtes mis à l’affût, dans un jardin en fleurs (c’est un endroit rêvé pour faire passer le temps, mais vous pouvez préférer la Place de la Concorde  ou la terrasse du Bar des Amis).  On ne vous a pas menti : Après une attente plus ou moins longue, voilà le temps qui passe. Vous visez, vous tirez. Catastrophe ! Rendu fébrile par l’attente, vous manquez votre cible. Voilà le temps perdu et, autant vous prévenir tout de suite, votre coup est irrémédiablement raté. Tout le monde sait que le temps perdu ne se rattrape pas (on en a même fait une chanson).

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dimanche 11 juillet 2010

La terrine de lièvre

Ou
… à bicyclaaaiiittteu ….

Les recettes de l’oncle Chambolle

392l-lievre-lepus-europaeus.1278706568.jpgCe n’était pas la fille du facteur, mais celle du notaire et elle ne s’appelait pas Paulette. J’ai, hélas, oublié son nom, mais ni la jupe en vichy qui bouffait autour de jambes ravissantes, ni un corsage qui ne faisait pas de plis car, malgré ses dix-sept ans, la mignonne avait largement de quoi le garnir. Ajoutez-y de magnifiques cheveux noirs bouclés, des yeux bleus et la bouche qui allait avec et vous conclurez qu’elle était irrésistible. Je ne lui résistais d’ailleurs pas et je me joignis à la troupe de ses mourants, une demi-douzaine d’imbéciles assez peu heureux  puisque la charmante, était le plus parfait modèle de coquette qu’il m’ait été donné de rencontrer.
Dans ce coin de la France profonde où, comme chaque année je passais chez ma tante-marraine une huitaine de jours, notre bande d’adolescents rejouait au naturel, ce qui aurait pu passer pour une version modernisée du Misanthrope si notre Célimène avait trouvé son Alceste.  Hélas, aucun d’entre nous n’avait la force d’âme de l’homme aux rubans verts et  cette Circée faisait de nous exactement ce qu’elle voulait.
La cruelle se plaisait à lancer des défis insensés que  nous nous empressions de relever dans l’espoir d’obtenir des faveurs qu’elle n’accordait qu’avec la plus grande parcimonie et avec une logique dont elle seule connaissait le secret.

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vendredi 2 juillet 2010

Tu ne sais pas qui est Myronidès !

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Article Chambolinus de l’Encyclopedia Mondialis : Ce personnage, inconnu par ailleurs, aurait vécu à Autissiodurum dans la Gaule de la décadence, on a de lui quelques lettres assez mal imitées des classiques. Elles sont adressées à des personnages vraisemblablement fictifs. 

maldini.1278017479.JPGChambolinus  à son ami Bellicus

Comment, cher Bellicus, tu ne sais pas qui est Myronidès ! Tombes-tu de la lune ? As-tu passé ces dernières années sur quelque île déserte où n’arrivent ni les feuilles des journaux ni les ondes de la radio et de la télévision ?  On t’a pourtant donné des yeux pour voir et des oreilles pour entendre et tu feins d’ignorer l’éclat de sa gloire et le bruit de sa renommée ? Apprends de moi  qui est Myronidès et dis moi, s’il est un mortel plus digne de notre admiration !
Myronidès n’a pas, comme un quelconque Prix Nobel, découvert un moyen nouveau et infaillible de soigner une grave maladie. Il n’a pas imaginé une de ces ingénieuses machines qui épargnent la peine des hommes, pas plus qu’il n’a travaillé, au sein de nos assemblées délibératives, à la bonne marche de la Cité. Il n’a écrit aucun livre ni réalisé aucun film. L’art du peintre lui est aussi étranger que celui du sculpteur ou du musicien. Enfin, en dépit de son vocabulaire où abondent les termes guerriers, il n’a jamais songé à exposer sa vie pour défendre, les armes à la main, les principes de la République.

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samedi 26 juin 2010

Ritournelle pour un jour de printemps

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vendredi 18 juin 2010

A force de tirer l’argument par les cheveux …

il va finir par devenir chauve… par Paul Hémique”

frederic-lefebvre.1276768932.jpgEntendu à la fin de l’intervention d’un représentant de la majorité (Bertrand ? Lefebvre ? Woerth ?) défendant le projet du gouvernement sur les retraites, cet argument massue :  « Les salariés qui cesseront le travail à 62 ans n’ont aucun raison de se plaindre car, avec l’allongement de la vie, ils auront trois années de retraite en plus ! » Du coup on respire ! Finalement le gouvernement ne nous pique pas deux ans : il nous en rajoute trois. C’est trop de bonté et je m’étonne que la délicieuse Laurence Parisot, épaulée à gauche par Jacques Attali et à droite par Jean-Marc Sylvestre, ne soit pas aussitôt montée au créneau pour dénoncer la faiblesse coupable d’un exécutif dont la rigueur n’est qu’apparence. En effet, si je compte bien : 3-2=1. On nous prépare donc une année de prestations supplémentaires laquelle, circonstance aggravante, se situera à la fin de la vie des bénéficiaires ; c’est à dire au moment où, les statisticiens ne cessent de le répéter, le vieux retraité est le plus cher à entretenir.

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vendredi 11 juin 2010

Cléobule

suite-safari-photos-namibie-plus-beaux-portraits-animaux-sauvages_365341.1276181469.jpg C’est bien injustement qu’en France on fronde le Président et qu’on chicane ses ministres. Ils n’ont que l’ombre du pouvoir. D’autres tiennent la proie . Cléobule est de ceux-là. Ses débuts furent modestes mais son élévation rapide. Muni du diplôme d’une modeste école d’ingénieurs  et d’un doctorat dont la thèse ne révolutionna pas sa discipline, il eut le bon esprit de postuler pour un poste d’enseignant dans un IUT. Il l’obtint sans difficulté tant ces structures, nouvellement créées, manquaient de cadres. Deux ans plus tard il en était le Directeur. Passer de là à la Vice-Présidence  puis à la Présidence de l’Université (de nouvelle création elle aussi) à laquelle était rattaché son Institut, fut pour lui un jeu d’enfant. Des médisants, ils sont aussi nombreux dans l’enseignement supérieur que dans les salles de rédaction, prétendirent que l’appartenance de Cléobule à une société discrète n’était pas étrangère à la rapidité de son ascension. Ces insinuations ne méritent que le mépris. Si Cléobule devint Président de son Université à trente-quatre ans, il le dut uniquement à ses compétences gestionnaires et à la solidité de convictions progressistes.

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vendredi 4 juin 2010

Père Huc

portraithuc.1275578578.gifEn  brouette, en chariot, en jonque, à dos de yack, de mulet et de chameau, ou, tout simplement, à pied, Régis Evariste Huc missionnaire lazariste, parcourut , entre 1841 et 1846, la Chine, la Mongolie et le Thibet.. Il a fait de ce voyage une relation tout à fait remarquable. J’en ai extrait les lignes qui suivent. Elles ont été écrites en 1854,  au moment où les nations occidentales s’apprêtaient à mettre en coupe réglée une Chine définitivement vouée à n’être, croyait-on, qu’une puissance de troisième zone.
La suffisance contemporaine imagine volontiers qu’avant la télévision et Internet, il est impossible qu’il y ait eu des hommes capables de penser. Le modeste curé qui, en 1848, écrivit à un de ses frères : « On ne fonde jamais rien de bon sur les cadavres… Le fanatisme politique n’est pas moins à redouter que le fanatisme religieux. » prouve, à l’évidence, qu’elle se trompe.
 

Chambolle

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samedi 29 mai 2010

J’avoue

louis_chauvel_image1245079907.1275069054.jpegEn moins d’une semaine, mon quotidien de référence à moi vient de publier deux remarquables contributions sur les retraites. Leurs auteurs sont forcément compétents puisque le Monde leur ouvre ses colonnes. L’un se nomme Chauvel, il se dit sociologue et professe sa science (molle) à Sciences-Po Paris, temple, comme chacun sait, d’une pensée novatrice, iconoclaste et résolument progressiste. J’ai oublié le nom de l’autre, mais pas qu’il se proclamait économiste, (donc praticien d’une science tellement molle qu’elle est en voie de liquéfaction), et qu’il préside la fondation Terra Nova   laquelle serait proche du PS. Tous deux font dans des termes à peu près semblables, la même proposition : Pour sauver les retraites, une seule solution faire payer les riches, c’est à dire les retraités. Nous apprenons en effet, grâce à Monsieur Chauvel, que les salopards qui appartiennent à la tranche d’âge des 55-64 ans se vautrent littéralement dans des délices auprès desquels ceux de Capoue (fatals au regretté Hannibal) ne sont que bibine et pipi de chat. Je reconnais que j’ai été tenté, un moment, d’ergoter sur la façon dont l’économiste et le sociologue manient leurs statistiques (les retraités ne représentent qu’un tiers de la tranche d’âge qu’ils visent), mais s’il fallait se laisser arrêter par ce genre de détail on n’arriverait à rien. Je préfère donc prendre les devants et, sans faire partie du groupe considéré (je suis trop vieux hélas)  reconnaître mes torts qui sont grands.

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vendredi 21 mai 2010

La blanquette de mon bisaïeul

Les recettes de l’oncle Chambolle (6)

pirate.1274352602.jpgVictor, mon bisaïeul, naquit aux alentours de 1848, aux Sables d’Olonne, en Poitou.. Pendant des siècles, les Sablais avaient été pêcheurs hauturiers, navigateurs au long cours et, quand l’occasion s’en présentait, et elle se présentait souvent, corsaires, frères de la côte et même un peu pirates. Ces métiers de grand large donnent des idées de liberté et d’égalité. On ne s’étonnera donc pas que, sous la Grande Révolution, pendant que de Fontenay le Comte à Cholet en passant par les Herbiers, le Poitou, que les Constituants avaient appelé la Vendée, se déclarait pour les Blancs et chouannait de son mieux, les Sables choisirent les Bleus et la République. Il s’ensuivit deux sièges en règle, un blocus et plusieurs embuscades. Les Sablais y résistèrent victorieusement et, pendant qu’ils y étaient, ils rejetèrent à la mer des Anglais qui avaient prétendu débarquer sur leur grève. Quand on a payé ce prix pour défendre ses opinions, on y tient. Ni la Restauration, ni la Monarchie de Juillet n’y purent rien changer. Bleus étaient les Sablais, Bleus ils restèrent.

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vendredi 14 mai 2010

Diafoirus au pouvoir !

diafoirus.1273675862.jpg Quand j’entends les économistes dits libéraux et leurs séquelles politiques de la gauche molle à la droite dure, je ne peux pas m’empêcher de penser au ballet final du Malade imaginaire :
-    Savantissimus Doctor, la Grèce va mal. Sa dette est hydropique, son PIB asmathique et son commerce extérieur anémique. Qualis à propos facere ?
-    Clysterium donare, postea seignare, ensuita purgare
Ce qui, traduit en novlangue eurocratique et mondialiséem donne à peu de chose près :
Baisser les salaires et les retraites, augmenter les impôts et tailler dans les dépenses publiques, de préférence sociales.

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jeudi 6 mai 2010

Les pieds en compote

Comment, mal parti, je ne suis pas arrivé…

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J’arrête ici pour deux raisons :
Primo :  Une parodie, c’est toujours moins bien que l’original, mieux vaut donc ne pas aller plus loin.
Secundo :  Autant l’avouer tout de suite, ce pitoyable pastiche d’Oceano nox ,du regretté Victor Hugo, m’a été inspiré par la pénible expérience que je viens de vivre. A la fois, responsable et coupable de ce qui m’est arrivé, je vais en résumer le déroulement pour ma contrition  personnelle et l’édification de mes contemporains (qui, du coup, éviteront, peut-être, de commettre les mêmes erreurs).

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dimanche 25 avril 2010

Le bourdon et la coquille

rousseau.1272111300.jpg Si vous le pouvez, ne manquez pas ce dimanche à 14 H, l’interview de Jean-Paul Rousseau , auteur du recueil Le Bourdon et la coquille , contes et légendes des chemins de St Jacques”, sur Radio Avallon, 105.2 FM, dans l’émission Wagon-livres de Yannick Petit.

A défaut, séance de rattrapage dès le lundi après-midi sur le site internet de la radio, rubrique podcast : http://www.radioavallon.fr/podcast.php#affichage

vendredi 16 avril 2010

Thomas

baton-houx.1271367940.jpgAvant de repartir pour deux ou trois semaines sur mes sentiers favoris,  voici en guise d’au revoir, un conte du Chemin de Saint Jacques (inédit). Au revoir à tous.
Chambolle

La retraite venue, Thomas prit, comme bien d’autres, le Chemin de Saint-Jacques , sac au dos et bâton en main. Taillé quelques années plus tôt, dans un buisson de houx, cet accessoire tenait plus de la trique que des bourdons ornés d’animaux fantastiques, de fleurs extraordinaires ou de lettres entrelacées qu’exhibent certains pèlerins, virtuoses du ciselage sur bois. Thomas n’en éprouvait nulle honte, conscient de sa maladresse et satisfait d’avoir réussi malgré tout, à découper dans l’écorce, deux bandes claires séparées par un espace de la largeur de son poing.
Du début à la fin de son pèlerinage, ce bâton, tout rustique qu’il fut, remplit  fidèlement sa mission. Il l’aida à grimper les côtes les plus pénible et, dans les descentes les plus scabreuses, il le garantit des glissades. Il lui fut un soutien dans les moments de souffrance et un jeu aux jours d’allégresse. Il dissuada quelques chiens, fit s’écarter quelques vaches et, entre Leòn et Hospital del Orbigo, servit de piste d’envol à une coccinelle. Bref, il fut le plus fidèle et le plus sûr des compagnons. Aussi, quand Thomas, arrivé à Santiago, pénétra dans la cathédrale, il garda son bâton à la main du pilier de l’entrée, à la crypte qui abrite le tombeau de l’apôtre. En donnant l’abrazo rituel au buste du Saint, le bois cogna légèrement l’épaule de la statue, ce pourquoi il fut morigéné le sacristain qui, assis dans un coin, veillait au bon déroulement du rituel.

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samedi 10 avril 2010

Il faut rétablir l’esclavage !

images.1270846831.jpgModeste proposition pour revenir au plein emploi tout en respectant les lois du marché.(En hommage à Monsieur Jonathan Swift auteur d’un célèbre plan de lutte contre la famine)

Force est de constater que rien ne semble pouvoir venir à bout du chômage, cette plaie des sociétés modernes. Gauche, Droite, Centre et Ailleurs, quels que soient les remèdes proposés, aucun ne s’est révélé vraiment pertinent. Pourtant une solution existe, audacieuse certes, mais qui a fait dans le passé la preuve de son efficacité puisque les sociétés qui l’appliquaient ignoraient aussi bien le licenciement que la mise à retraite d’office. Cette mesure, à la fois éprouvée, efficiente et simple peut et doit être appliquée au plus tôt. Elle tient en une phrase: «Il faut rétablir l’esclavage

Certes, il ne manquera pas de bonnes âmes pour crier au scandale. Mais je vous le demande: quand le salut public est en jeu, est-il permis de s’émouvoir des criailleries des ligues, associations et autres comités, amateurs de grands principes mais dénués du plus élémentaire sens des réalités ?

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lundi 5 avril 2010

Salades, fromages et desserts

[après jambon persillé, truite et gigot … salades, fromages et desserts !]

Intermède : Salades et fromages

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menu.1239605440.jpg La délicatesse des mets et la bonté des vins, ont plongé vos convives à un état proche de la félicité. Une aimable tolérance règne autour de la table. Votre gendre n’a pas sourcillé quand vous avez autorisé vos petits-enfants à courir dans le jardin, pour y chercher les babioles qu’ils n’ont pas encore su y trouver. Votre soeur vous a épargné le récit de son dernier voyage au nord du Ténéré. Denis n’a pas attaqué Sarkozy et Elisabeth ne l’a pas défendu. Personne n’a invoqué l’autorité du Dalaï Lama ni celle de  Benoît XVI et nul ne s’est avisé de déplorer la décadence des mœurs ou la tyrannie du conformisme. Bref vous avez su conduire la conversation avec assez d’humour et d’adresse pour éviter qu’elle ne dégénère en un de ces affrontements sans merci qui, outre des suites imprévisibles et parfois vins.1239605827.jpgcatastrophiques (pensez aux Atrides), ont pour conséquence immédiate de gâcher le meilleur des repas. Comme le vôtre est parfait, avouez que ce serait dommage.

Pourtant voici venir le moment de tous les dangers. Celui où un rien peut tout faire basculer. Celui qui, tel le diable dans les détails, se glisse dans les temps morts d’un service. Dans le calme trompeur qu’apporte la presque satiété, un mot, un seul, peut déclencher la tempête.

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samedi 3 avril 2010

Balade pour un jour de Pâques

(IGN 2721 Ouest et 2621 Est)

Rappel de la règle du jeu : Le parcours proposé à la sagacité des blogo-randonneurs ou des rando-bloguistes ne comporte aucun nom de commune. Seuls sont cités les lieux-dits, hameaux et points « remarquables ».
Il s’agit d’une boucle dont la longueur totale est d’une petite trentaine de kilomètres. Elle peut facilement être raccourcie. La totalité du parcours est accessible aux Vététistes.

chatel-censoir.1270143924.jpg Le gros bourg d’où part la randonnée sommeille au bord de l’Yonne par 47° 32’ de latitude Nord et  3°37’ de longitude Est. Perchée sur un éperon qui domine la rivière, sa collégiale  regarde passer les marins d’eau douce en croisière sur le canal du Nivernais et les touristes en route vers Vézelay , sa basilique, ses musées et ses marchands du Temple. Vous garerez sans peine votre voiture sur le parking de la gare. La munificence municipale a installé un banc à l’ombre des arbres qui entourent cet espace. Le randonneur, soucieux de jeter un  ultime coup d’œil à sa carte ou d’assurer les nœuds de ses lacets appréciera cet équipement à la fois simple, solide et bien situé, qualités essentielles et, quelquefois, trop négligées.  Moi qui vous parle, je connais au moins un quartier de ma préfecture préférée où un urbaniste chic et choc a semé, en guise de bancs, des blocs de granit qui ont l’aspect guilleret de pierres tombales posées sur champ et sur lesquels les amoureux de Brassens n’auraient jamais pu se bécoter vu qu’il est impossible de s’y asseoir. Passons ! Je ne vous ai pas fait prendre votre sac, vos chaussures, votre veste rouge siglée Lafuma et vos bâtons télescopiques pour disserter sur la question des bancs (sur laquelle il me faudra revenir un de ces quatre), mais pour pratiquer pendant les six ou sept heures qui vont suivre l’activité physique régulière, équilibrée et naturelle connue sous le nom de marche à pied en terrain varié.

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vendredi 26 mars 2010

Tyrannie

Entre Alain Gerber et  Sophocle, il y a plus de deux mille.  Pourtant, comme l’auteur de « Faubourg des coups de trique », le Grec du siècle de Périclès sait trouver les mots qu’il faut pour condamner la tyrannie. Ce texte est extrait d’Antigone .[Chambolle]

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vendredi 19 mars 2010

Du bon usage du blasphème

zemmour1.1268940912.jpg Notre société a beau se proclamer ouverte, tolérante, moderne et même post-moderne, les comportements archaïques ne se laissent pas facilement enterrer. Témoin ce bon vieux crime de blasphème aussi ancien que les religions ou si l’on veut que les idéologies, ce qui ne nous rajeunit pas. Certes, personne, dans notre bourgeoise (et peut-être moribonde) démocratie, ne risque de se retrouver brûlé à petit feu après avoir eu la langue et le poing tranchés pour avoir mis en doute la virginité de Marie. Aucun danger non plus de finir exécuté d’une balle dans la nuque après une séance d’autocritique avec accompagnement de crachats, coups de pieds dans la figure et arrachage méthodique des ongles pour plaisanterie inconvenante sur le Führer, Petit Père des peuples ou Grand Timonier régnant. Nous sommes, Dieu merci (si j’ose dire), plus civilisés que ça. Cependant le blasphémateur (il a, au choix, émis des incertitudes sur l’intérêt de la construction européenne, fait part du peu de confiance que lui inspire l’OMC, ou exprimé sa perplexité sur l’efficacité de la discrimination positive) si sa vie n’est plus directement menacée est condamné plus subtilement. La peine encourue est la mort civile par interdiction de paraître dans quelque média que ce soit.  Elle n’est plus prononcée par l’Inquisition ou le Tribunal Populaire mais par une caste de Sages, recrutés par cooptation dans des lieux dits de pouvoir.

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samedi 13 mars 2010

L’aïoli

Les recettes de l’oncle Chambolle.

escapade-marseille-port-dsc00009.1268464592.jpg Scipion Labourdette était Marseillais.  Un de pur, un vrai de vrai, Marseillais de père en fils et depuis toujours. C’est simple, le premier Labourdette (qui ne portait pas encore ce nom vu qu’il était Grec) ramait sur un des navires qui, venant de Phocée, avait touché terre dans la crique dont on a fait le Vieux Port. Un de ses descendants accompagna Pythéas dans son voyage vers Thulé. Un autre gouvernait une des galères qui transportèrent les légions de Publius Cornelius Scipio, dit l’Africain, de Sicile en Tunisie (c’est d’ailleurs depuis cette époque que, de génération en génération, on donnait, au premier-né de la famille, le nom du vainqueur d’Hannibal). Il y avait eu un Scipion Labourdette, gabier sur la nef qui ramena de Chypre le roi Saint Louis, un Scipion Labourdette, comite sur une galère de Jacques Cœur, un Scipion Labourdette canonnier sur la frégate « L’Audacieuse »  (échappée par miracle, au désastre d’Aboukir)  et un Scipion Labourdette patron de la tartane « La Marianne » connue de Gênes à Barcelone par tout ce que la côte comptait de douaniers et de contrebandiers. On l’aura compris, les Labourdette avait dans le sang, outre les habituels globules blancs et rouges, un globule d’eau salée qui, dès que le poil leur venait au menton et même un peu avant, les poussait à s’embarquer pour aller voir si, de l’autre côté de la ligne d’horizon, ils pourraient trouver un endroit où l’air serait plus léger, les maisons plus accueillantes et les filles plus belles qu’à Marseille. La chose étant impossible, ils finissaient par revenir au pays. Ils se mariaient avec une fille du Planier ou de l’Estaque. Un peu plus tôt, un peu plus tard, il leur naissait un petit Scipion et, quelques années après, le garçon prenait la mer à son tour et tout recommençait.

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samedi 6 mars 2010

De mémoire de rose

Mélanges bougons

xynthia-inondations_pics_390.1267815592.jpgI Chambolle ronchonne :
Exercice obligé du journaliste audiovisuel après n’importe quelle catastrophe : l’interview du vieux sage local qui en a vu d’autres mais pas celle-là. En effet, celle-là, « mon bon monsieur,  DE MEMOIRE D’HOMME, n’y a pas eu sa pareille ». Dans certains cas, séisme, tsunami , éruption volcanique ou chute de météore géant, il arrive que le vieux sage ait raison. Pour d’autres, inondations, incendies de forêt, tempêtes et orages dévastateurs, on peut affirmer, sans beaucoup de risques de se tromper, que le vieux sage est victime d’une forme particulièrement pernicieuse d’amnésie qui consiste à oublier volontairement des faits dont il a été témoin mais dont le rappel aboutirait à mettre en cause la sûreté de son jugement. La vérité est qu’on gomme volontiers les souvenirs gênants. Le dicton selon lequel, de mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier, illustre bien cette merveilleuse et si utile capacité qui autorisa un vieux sage de ma connaissance à déclarer que personne n’aurait pu supposer que la crue de la Saône atteigne un jour des maisons construites là où moi, Chambolle qui suis un peu moins vieux et beaucoup moins sage que lui, j’avais vu, dans les années cinquante, des prairies englouties sous trois mètres d’eau. Elle permet à certains dedécouvrir l’Amérique chaque matin et à d’autres de s’indigner qu’on n’ait pas su prévoir un danger dont jamais, ils le jurent sur ce qu’ils ont de plus sacré DE MEMOIRE D’HOMME on n’avait entendu parler.

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vendredi 26 février 2010

Réflexe

la-porte-de-derriere.1267122852.jpg « Alors comme ça, on croyait pouvoir tout effacer ! Ni vu, ni connu j’t’embrouille ! J’te pose les valises ! J’te jette à la poubelle le jeu d’cartes : identité, bleue, orange et, naturlich, la vitale aussi, ! J’te flanque au feu le journal intime, les lettres, les photos, la boîte pyrogravée et les souvenirs qui vont avec ! Et hop ! Le grand saut ! Direction : l’inconnu définitif ! Oubli de soi et des autres ! Le néant, quoi, et comme disait je n’sais plus qui : « Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien . »  Enfin tranquille !
Désolé mon petit, mais c’est gourance sur toute la ligne ! Déçu ? Ben oui, c’est compréhensible ! T’es pas l’premier ! Tous pareils qu’ils sont ! S’imaginent qu’il suffit de passer par la porte de derrière pour qu’on oublie de leur présenter la note ! Comment ? Ça a fait mal ? Et alors ? Pas une excuse la douleur ! Tout juste une circonstance atténuante !

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vendredi 19 février 2010

Faubourg des coups-de-trique


capture01.1266524961.jpgDans un des nombreux débats qui animent ce blog, Arion se demandait ce qu’était la “ vraie ” gauche. J’avais promis de lui répondre avec, en manière de clin d’œil, une de “ mes  pages ” personnelles.

La voici, elle est extraite de Faubourg des Coups de Triques. Alain Gerber y évoque la vie du quartier ouvrier de Belfort avant la seconde guerre mondiale.

Autour de Théo, douze ans, certif en poche et bientôt arpète, tout un monde parle, hurle, murmure, chante à tue-tête, éclate de rire, raconte son passé et fait semblant de croire à son avenir. Il  y a la famille, parents et grands parents, Kramsky, coupeur de bois qui parle aux insectes, l’oncle Maximilien et Gentil Dit Gentil n’a qu’in œil. Gentil, ancien de l’infanterie coloniale, ouvrier chez Alsthom, clarinettiste du samedi soir qui se mit à danser la gigue quand, un jour de mars 1936,  les frères Vurpillot, Jean, membre de la SFIO et René, adhérent du PCF qui ne se parlaient plus depuis le Congrès de Tours, entrèrent chez le Chpaniaque (c’est un bistrot) et payèrent aux assistants, qui n’en revenaient pas, une tournée générale en l’honneur de la naissance du Front Populaire.

Chambolle

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vendredi 12 février 2010

Le crapet de Jacqueline Béraud

Les recettes de l’oncle Chambolle 

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lapins-singes-compagnons-devoir-l-2.1265923213.jpegComme dans la chanson, elle s’appelait Jeannette et lui Pierre. Jeannette était la fille de maître Gaspard Béraud, menuisier, qui avait, rue du Champ à Auxerre sa maison et son atelier où, depuis trois mois, travaillait Pierre Boujut dit Bressan Le Chapiteau, compagnon du Devoir de Liberté près de finir ici un tour de France commencé trois ans plus tôt. Comme dans la chanson Jeannette aimait Pierre et Pierre aimait Jeannette avec cette différence que personne, et surtout pas Gaspard, ne voulait pendouiller le Bressan.
Le menuisier ne souhaitait marier sa fille ni au fils d’un baron et encore moins à celui d’un prince, mais bien à un solide ouvrier, laborieux et sensé, qui prendrait à ses côtés la place du fils qu’il n’avait pas eu. Son rêve à lui, c’était un gendre qui l’aiderait à faire tourner l’atelier. Un fort gars qui lui donnerait trois ou quatre petiots enfants que lui, qui aimait la marmaille, il se rirait à voir jouer dans les tas de copeaux, patauger au bord de la rivière ou grappiller le raisin de sa vigne des Quétards qui donnait de si bon vin.
Le compagnon avait toutes les qualités requises.  C’était un travailleur habile qui avait mis à profit son  tour de France pour devenir un maître dans sa partie. Ainsi, il n’avait pas son pareil pour exécuter ces pièces courbes et gauches, si difficiles à façonner, qu’on appelle des rampants. L’oeil et la main sûrs, il savait juger la qualité d’un bois et en estimer au plus juste la quantité nécessaire. Enfin s’il ne refusait pas de boire chopine avec les amis et s’il tenait sa place à table étant, comme tous ceux de sa province, un peu porté sur sa bouche, il n’était ni goinfre, ni ivrogne. Avec cela de belle carrure, rond de visage et de paroles, au moins avec les hommes car, avec les filles, c’était une autre chanson.

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vendredi 5 février 2010

Vie et mœurs du Nélulokal (suite)

II Le nélulokal d’opposition

sany0365.1265292102.jpgIl est aussi facile de différencier le nélulokal d’opposition de son cousin majoritaire que le zèbre de plaine de celui des montagnes. De même que l’un a des rayures noires sur fond blanc et l’autre des rayures blanches sur fond noir, le nélulokal d’opposition est le presque exact négatif du nélulokal majoritaire . Ainsi, il vit en solitaire ou en petits groupes de quelques individus. Des observateurs superficiels ont cru noter, dans ce dernier cas, une conduite identique à celle des nélulokaux majoritaires puisque ces groupes se réunissent en général autour d’un chef. Des études plus approfondies ont montré que, chez les nélulokaux minoritaires, ce sont les chefs qui,  si ils veulent conserver ce statut, doivent, sur un froncement de museau de leurs compagnons, manger leur chapeaux et avaler des couleuvres. On mesurera la pénibilitude de la chose quand l’on saura que la nourriture ordinaire du nélulokal d’opposition est le frein qu’il est contraint de ronger pendant la durée de son mandat (et six ans à grignoter un accessoire automobile, certes indispensable mais peu digeste, c’est long).

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jeudi 28 janvier 2010

Vie et moeurs du Nélulokal : le majoritaire

mariannebazochesthumbnail.1264598866.jpg Moi qui vous cause, je suis un nélulokal. Quoique assez répandue (la France, a elle toute seule, en abrite à peu près trois cent mille individus)  l’espèce est mal connue. Certes, il n’est pas rare d’entendre un journaliste, un politologue ou le Président de la République y faire allusion. Selon les circonstances (inauguration d’une salle polyvalente, colloque organisé par l’Institut des Hautes Etudes en Sciences Sociales ou déclaration « off » dans un airbus retour d’un sommet du G 74)  les qualificatifs employés varient d’inutile à dévoué en passant par incompétent et dynamique. Il est temps de mettre un peu de clarté dans tout ça, en  braquant sur le nélulokal le puissant projecteur d’une analyse socio-politique écologique et citoyenne comme aurait dit le maire de Champignac (1) notre modèle à tous.

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dimanche 17 janvier 2010

Scandale de la neige : Des solutions existent !

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Pendant un reportage consacré par les héroïques reporters de notre principale chaîne de télévision aux perturbations causées par la neige, un des routiers interviewés, a eu ce cri du cœur que je cite de mémoire : “Y a que quinze centimètres de neige et on m’empêche de rouler ! On est en 2007 quand même!”
Ce brave homme a raison. Est-il admissible, je vous le demande, à notre époque de réchauffement climatique et de progrès technique qu’on laisse la neige non seulement à tomber sur les autoroutes mais aussi à y stationner au mépris des droits les plus élémentaires des citoyens (qui, pourtant, paient leurs impôts). Ce scandale doit cesser au plus vite, d’autant que, non contente d’occuper indûment les voies à grande circulation , cette saloperie, qui cache la noirceur de son âme sous un blanc des plus factice, embouteille les rues de nos villes, transforme nos départementales en piste de bobsleigh et bloque même les plus humbles des chemins vicinaux. On ne m’ôtera pas de l’idée que, seule l’impéritie des gouvernements successifs, qu’ils soient de gauche ou de droite et la honteuse incapacité des technocrates qui les conseillent, ont empêché que soient enfin mises en place les VRAIES solutions.

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samedi 9 janvier 2010

La première truite


galerie-membretruitetruite.1262978880.jpg J’ai accroché ma première truite il y a un peu plus d’un demi-siècle (comme c’est loin tout ça, aurait dit Alphonse Allais). Je passais des vacances familiales et humides (il pleuvait deux jours sur trois) dans une grande maison du Haut Jura.
Cette bâtisse était entourée d’une prairie au bas de laquelle coulait le Doubs.
Le Doubs n’est guère, à cet endroit, qu’une espèce de gros ruisseau. Mais, notre propriétaire nous l’avait dit et l’épicier, qui était aussi charcutier et boulanger, l’avait confirmé, dans ce ruisseau il y avait des truites. Et quelles truites ! Des poissons de rêve, musclés, vifs, méfiants et d’un goût !!! A faire se damner une seconde fois Dom Balaguère.
Du coup mon père sentit renaître en lui une passion que son entrée dans la Résistance puis son engagement dans le journalisme de gauche, avaient momentanément étouffée : il décida de se remettre à la pêche.

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dimanche 3 janvier 2010

Mauvaises résolutions !

morale1.1262288885.jpg Moi qui vous cause, j’ai connu l’époque où chaque journée d’école primaire commençait par le quart d’heure consacré  à la Morale (majuscule de rigueur) lequel se décomposait comme suit :
-    L’instituteur/trice (le professeur des écoles restant à inventer) régalait sa classe d’une courte mais édifiante lecture.
-    A l’aide d’une craie très blanche, il écrivait sur un tableau très noir et dans une impeccable calligraphie, la sentence qui en découlait (Bien mal acquis ne profite jamais. Le travail est un trésor. Il faut se laver les dents chaque jour…)
-    Les élèves n’avaient plus qu’à recopier ce modèle en essayant de mettre à leur place les pleins et les déliés ce à quoi ils ne parvenaient pas toujours.
-    On passait à la suite.

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dimanche 13 décembre 2009

Rando avec Saint Vincent

… Petit pèlerinage sous la protection du Bienheureux préféré des Bourguignons : Saint Vincent (Carte IGN 2720 O)

st_vincent_b.1260564293.jpgRappel de la règle du jeu : Le parcours proposé à la sagacité des blogo-randonneurs ou des rando-bloguistes ne comporte aucun nom de commune. Seuls sont cités les lieux-dits, hameaux et points « remarquables ».
Comme d’habitude, il s’agit d’une boucle dont la longueur totale est d’une vingtaine de kilomètres

Si Edward Smith , capitaine du Titanic, au lieu d’aller tutoyer les icebergs, avait voulu atteindre le village d’où nous allons partir, il aurait dû viser un point situé, approximativement, par 47°40’ de latitude Nord et 3°40’ de longitude Est. Certes, il lui aurait fallu prévoir une embarcation à fond plat, et même très plat. L’improbable ruisseau qui arrose les jardinets de la localité n’est navigable qu’en période de très hautes eaux pour des embarcations type kayak (et encore). N’empêche, il a ses avantages. On n’y rencontre ni icebergs, ni ours blancs, ni Leonardo di Caprio et,  chaque automne, à une vingtaine de mètres de sa rive gauche, monte la rassurante fumée de l’alambic où se distillent, avec le marc de la dernière vendange, des eaux de vie de cerise et de prune qui valent parfois le détour.

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vendredi 11 décembre 2009

Contes du chemin de St Jacques

Il est paru ! :

sans-titre-1.1260464172.jpg Le Bourdon et la coquille

Un recueil de contes et légendes des chemins de Saint-Jacques signé Jean-Paul Rousseau, (Alias chambolle) collaborateur régulier de ce blog.
Grand marcheur devant l’éternel, l’auteur connaît bien les étranges visions qui naissent de la fatigue, de l’épuisement, du froid, des pieds endoloris, mais aussi l’ivresse d’un paysage neuf au petit matin que le chemin ensemence à mesure qu’il le traverse.

Pèlerin de Saint-Jacques, Jean-Paul Rousseau a entendu et restitue ici ces légendes, (nous en avons eu sur ce blog la primeur), dorées ou moins dorées, qui font avancer - et au besoin portent - les croyants comme les profanes, jusqu’en Galice à travers la Bourgogne et les Monts d’Aubrac, le Rouergue et les Pyrénées, d’auberge en gîte et de rencontres improbables en rencontre de soi.

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samedi 5 décembre 2009

Les enfants d’Edward

proglio.1259928401.jpgQui s’en prend aujourd’hui aux rémunérations de nos grands patrons ? Des jaloux, des aigris, des malfaisants qui ne supportent pas que la valeur professionnelle soit bien récompensée, la prise de risque honnêtement rétribuée et le sens de l’innovation payé son juste prix. Quand je pense qu’on ose reprocher à Monsieur Henri Proglio sa modeste augmentation de salaire, j’ai envie de crier au scandale. Quoi ! Voilà un homme qui n’hésite pas à sacrifier sa vie privée au développement de l’économie nationale et à l’indépendance énergétique de la France, en consacrant ses matinées à Veolia et ses après-midis, voire ses soirées, à EDF et l’on a l’outrecuidance de trouver mauvais qu’en faisant quelques heures supplémentaires  il  arrondisse un peu des fins de mois certainement difficiles.

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vendredi 27 novembre 2009

A not’ bon cœur !

quete.1259253632.jpgRien de nouveau sous le soleil. Sans remonter à Mathusalem ou à Ramses II, suffit de lire les chroniqueurs du Moyen-Âge pour constater qu’on utilise toujours les mêmes vieux trucs. Pour attendrir le donateur, rien de tel que d’éveiller sa mauvaise conscience, vu que, judéo-chrétien indélébile, musulman fidèle, bouddhiste intransigeant, humaniste grand teint ou marxiste invétéré, on a tous des choses à se faire pardonner et on dira ce qu’on voudra, faire l’aumône ça n’allège pas seulement le porte-monnaie, ça calme toujours un peu les démangeaisons morales. La preuve, comme l’a si bien remarqué un anticlérical aujourd’hui disparu, la seule cérémonie commune à toutes les religions et à toutes les idéologies, c’est la quête.

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vendredi 20 novembre 2009

La poule au pot du juge de paix

Les recettes de l’oncle Chambolle

napoleon-iii-karikatur.1258657671.jpg Réunis au sein d’une société secrète La Marianne,les républicains de plusieurs départements prirent les armes pour s’opposer au coup d’état, déclenché le 2 décembre 1851,  par  celui qui n’était pas encore l’Empereur Napoléon III (Badinguet pour ses opposants). En Bourgogne les mouvements les plus importants eurent lieu dans la Nièvre, à Clamecy et dans l’Yonne, en Puisaye , entre Saint Sauveur et Toucy.

*

“ Tu sauras, me dit le père Robert, un jour qu’assis à l’auberge de la route d’Egleny nous vidions une chopine de Palotte , tu sauras que même les pires tragédies ont parfois un côté farce qui vous réconcilie avec la vie” J’approuvais d’un signe de tête. Mon vieil ami est un excellent homme à condition qu’on ne le contredise pas. Ce­pendant, le père Robert conti­nuait: “ Je t’ai souvent raconté comment nous autres, les en­fants de la Marianne du canton de Saint-Sauveur, aussitôt ap­pris le coup d’Etat du Prince­ Président, on s’était mis en route pour sauver la République et comment, à Toucy , on s’était fait sabrer par un parti de lan­ciers. On a bien essayé de résis­ter, mais on n’était pas en force. Alors, quand j’ai vu qu’il n’y avait plus rien à faire, j’ai enfilé une venelle et, avec mon ami, le Justin Moreau, on s’est sauvé pour revenir à Saint-Sauveur . Bien sûr, on a coupé par les bois afin d’éviter les gendarmes, des vaches qui se seraient fait un plaisir de nous mettre la main au collet maintenant que la chasse au rouge était ouverte. Malheureu­sement on s’est perdu ! La nuit nous a pris. On l’a passée comme on a pu.

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vendredi 13 novembre 2009

In memoriam

poilly-sur-serein-11.1258101957.jpg A la mémoire du caporal Paul-Marius Henry, tué à l’ennemi le 17 avril 1916 et du soldat Olivier Léger, mort des suites d’une blessure de guerre, le matin de Noël 1942

Les tonnes d’éloquence compassionnelle et pleurnicharde sous lesquelles on ensevelit aujourd’hui la mémoire des combattants de la première guerre mondiale ont fini par m’exaspérer autant que me révoltaient les rodomontades à la Déroulède, débitées il y a cinquante ans par des patriotes de fin de banquet

L’horreur de la guerre n’est pas plus soluble dans la niaiserie des bons sentiments que dans l’imbécillité nationaliste.
En faisant comme si, tout étant égal à tout, n’étaient tombées, dans les deux camps, que les victimes innocentes d’une folie dont, à vrai dire, on ne désigne jamais clairement les coupables, on transforme ces hommes en une grande masse passive et triste, perpétuellement dépassée par les événements.

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jeudi 5 novembre 2009

La France ? Papiers s’il vous plaît !

rougetdelislechante.1257278714.jpgL’idée de débattre de l’identité de la France n’est en rien scandaleuse. Que les citoyens d’un pays s’interrogent  leur façon d’aborder la politique, leur conception du vote et du respect de la loi, leurs rapports à leur histoire à leur culture et à celle d’autres peuples proches ou lointains, leur idée de la solidarité, en bref ce qui fait qu’habitants d’un espace géographique donné, ils réussissent tant bien que mal à vivre ensemble ne me choque nullement.
Une nation ne peut subsister qu’au prix d’une perpétuelle confrontation avec elle-même. Depuis, au moins la fin du Moyen-Âge, l’interrogation lancinante pour savoir à quels rites, à quels signes, à quels mots de passe, à quels symboles, des hommes et des femmes peuvent se reconnaître Français, n’a jamais cessé. Il n’y a aucune raison pour qu’elle s’arrête aujourd’hui. Ce n’est d’ailleurs pas le cas. Il suffit, pour s’en convaincre, d’ouvrir un journal ou de tenter de dénombrer, dans les rayons des librairies, la somme d’ouvrages anciens ou nouveaux consacrés à ces questions. C’est pourquoi, limiter le vaste questionnement toujours renouvelé, sur ce qui fait de notre nation ce qu’elle est à une opération administrative est un non-sens.

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vendredi 30 octobre 2009

La bisque d’écrevisses d’Annibal Gantez

Les recettes de l’oncle Chambolle

auxerre-neige-05-4.1256892120.jpg Annibal Gantez pousse un soupir d’aise. Certes, en ce début d’été, le royaume est loin d’être paisible. Messieurs les Princes frondent en Guyenne  la Régente et  le Mazarin. Heureusement Bordeaux est bien loin d’Auxerre. En Basse Bourgogne, si les uns tiennent pour Condé et les autres pour l’Eminentissime, on se contente de lire pamphlets et  satires et de s’en amuser entre amis.  Annibal sourit. Lui aussi, à l’occasion, il lui est arrivé de moquer de L’Espagnole et son Italien, mais c’était à la discrète avec des amis sûrs. Il a eu tout le temps d’apprendre le prix de la prudence quand, pauvre musicien vicariant, il errait de cathédrale en château à la recherche d’une place dans la maîtrise d’un chapitre ou dans la chapelle d’un grand seigneur.

Grâce au ciel, tout cela  est fini et bien fini . Le voilà, désormais, prieur de la Madeleine en Provance, chanoine semi-prébendé et, surtout, Maistre des Enfants de Chœur et de la Musique de l’insigne cathédrale Saint Etienne d’Auxerre. Auxerre dont les coteaux portent de si bons vins !

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samedi 24 octobre 2009

Réforme

b-033-villepin-raffarin-jos1190652484.1256231161.jpg Depuis 1981, la Gauche a été au pouvoir pendant quinze ans. Elle est comptable, à ce titre, d’une augmentation de la dette de l’Etat de 337 milliards d’euros soit une croissance annuelle de 22 milliards d’euros. La Droite est responsable des quatorze autres années. Elle a, pour sa part, alourdi la dette de 500 milliards d’euros donc de 35 milliards d’euros par an.  Il est juste de préciser que les gouvernements auxquels a participé Monsieur Sarkozy, dont on oublie trop qu’il a été ministre des finances, ainsi que les équipes qu’il a nommées depuis son élection à la Présidence de la République, sont en grande partie responsables de cette performance : entre 2002 et 2009 la dette a augmenté de plus de 50% passant de 910 à près de 1400 milliards d’euros. Ce n’est plus une boule de neige, c’est une avalanche. A titre de comparaison, la dette de l’ensemble des collectivités locales, régions, départements, intercommunalités et communes, qui assurent 75% de l’investissement public, s’établit à 150 milliards d’euros.

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samedi 17 octobre 2009

Le couteau

De quelques accessoires indispensables au pèlerin de Saint Jacques (1)

couteau-suisse-climber-rouge.1255719557.jpgEn la matière, et une fois éliminés les utopistes qui rêvent du couteau parfait, ustensile tellement idéal qu’il n’a pas de lame et qu’il lui manque le manche, le peuple pèlerin se partage deux grandes écoles.
La première est constituée des possesseurs de couteaux suisses. Le couteau suisse officiel est d’un encombrement réduit : plié il ne dépasse pas les douze centimètres. La croix blanche de la Confédération Helvétique orne son manche d’un beau rouge vif. Ses lames, fabriquées dans un acier spécial, sont forcément inoxydables. Bien aiguisées, elles tranchent, coupent et taillent sans faiblir. Mais ce qui fait vraiment le charme du couteau suisse ce sont les multiples outils que dissimule l’épaisseur de son manche. Ces accessoires le rendent la providence des soirs d’étape où l’on n’a vraiment rien à se dire Quand la fatigue est si pesante que toute conversation un peu sérieuse représente un effort trop important pour être même envisagé, le couteau suisse est là. On peut examiner ses ciseaux (coupants), son alène (pointue), son tire-bouchon (efficace), sa lime (usante), sa scie (dentée), sa pince à épiler (précise), son ouvre-boîte (sécurisé), son décapsuleur (implacable) et le reste. J’ai compté seize outils, tous différents, sur un de ces ustensiles multifonctionnels.

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vendredi 9 octobre 2009

Face-twitter-book et le DRH

 Oh brave new world ! (3° épisode)

rubens_adam_7c41-27b0c.1254994456.jpg« Il n’y a que les vieux qui considèrent que la photo de quelqu’un en soirée doit être prise en compte au moment de son embauche… Demain c’est celui qui n’aura pas de photo de lui tout nu sur Facebook qui sera suspecté de n’avoir aucune vie sociale et donc de ne pas savoir se comporter correctement. »  Courriel de lecteur lu dans Le Monde du mercredi 30 septembre 2009.

Le 20 novembre 2015, en consultant ses mèles, Théodore Leboulange DRH de Mondial-Uccelli put lire ceci :

KELTRASS LA SOLUTION A VOS PROBLEMES DE RECRUTEMENTS !

Comme vous nous l’avez demandé, voici un bref aperçu des principales caractéristiques de notre logiciel Keltrass.

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vendredi 2 octobre 2009

L’oie aux pommes

Les recettes et … leur histoire , de l’oncle Chambolle

coignet.1254418384.jpgAssis sur le tas de paille qui lui sert de lit, Jean-Roch Coignet , grenadier de la garde impériale, contemple tristement l’infâme lavasse qui clapote au fond de sa gamelle. Deux mois, depuis l’abominable boucherie d’Eylau, qu’il est cantonné dans ce sinistre bourg d’Osterode. Les rations n’arrivent pas et il est impossible de se procurer des vivres. Quand ils voient arriver les soldats, les paysans se contentent d’ouvrir les portes des granges, des étables et des poulaillers tous également vides. Les Russes, disent-ils, ont tout pris quand ils sont passés par là, en allant à la rencontre des Français. Sur et certain qu’ils mentent ! Les grognards n’en sont pas à leur première campagne et ils savent que, dès qu’il est question de guerre, les pékins cachent leurs réserves. Le tout est d’être plus malins qu’eux et de savoir les trouver mais ces Polonais sont astucieux en diable et personne n’a été capable de dégotter ne serait-ce qu’un panier de pommes de terre.

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vendredi 25 septembre 2009

Attendez vous à savoir

radio_luxembourg.1253818467.JPG Qui se souvient encore de Geneviève Tabouis ? Plus grand monde sans doute et c’est bien dommage. Je sais, je vous parle d’un temps que les moins d’cinquante ans ne peuvent pas connaître, comme pourrait chanter Aznavour (immigré de la seconde génération ayant si bien réussi son intégration qu’il a ses comptes en Suisse comme les Peugeot, Français depuis Vercingétorix qui était Gaulois mais c’est pareil. Comme quoi quand on veut s’en sortir, on peut.  Suffit de trouver le bon créneau).

Où en étais-je ? Ah oui ! Geneviève Tabouis ! Entre le Quitte ou Double et le Radio Crochet du regretté Zappy Max, cette journaliste éditorialisait sur Radio Luxembourg. Ce média ne s’appelait pas encore RTL vu que les conseils en communication n’ayant pas été inventés, nul ne se serait avisé d’utiliser un sigle pour faire moderne. Tout a commencé à déraper quand la Radio Télévision Française est devenue l’ORTF et le Deuxième Bureau le SDECE. Remarquez Radio Luxembourg faut les comprendre : une fois le Grand Duché devenu paradis fiscal, un minimum de modernisme s’imposait, d’où RTL

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vendredi 11 septembre 2009

Les œufs en Meurette

Les recettes de l’oncle Chambolle

L’homme ne vit pas que de pain, il lui faut du beurre dessus, ou du pâté de lapin, ou des œufs en meurette…  et les histoires qui vont avec. Voici un essai qui, si il ne vous déplaît pas, pourra être renouvelé.

oeufs-poches-en-meurette1.1252618075.jpgChacun sait, ou devrait savoir, que l’huissier Cadet Roussel fut à Auxerre, pendant la Révolution de 1789, un des plus fervents partisans des idées nouvelles. À cette époque, la poli­tique se faisait en musique et les chanson­niers de tous les partis composaient des refrains au son desquels Aristocrates, Fédéralistes ou Jacobins se défiaient avant de s’étriper. Auxerre suivit la mode. Sur un vieil air de danse, un hobereau poyaudin écrivit des couplets pour ridiculiser Cadet Roussel, non parce qu’il était huissier mais parce qu’il était Jacobin.

Les patriotes auxerrois prirent la chose du bon côté: ils en rirent. Mieux, ils s’approprièrent la chanson. Les volon­taires de l’Yonne partis défendre la Nation sous le commandement du futur maréchal Davout , la chantèrent à Valmy et à Jemmapes. Comme le texte en était plaisant et l’air facile, les armées révolutionnaires la reprirent en chœur et, bientôt, toute la France la fredonna.

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vendredi 4 septembre 2009

Success story au royaume de la libre entreprise

Oh brave new world (2)

milton_friedman.1251978276.jpg James Sforze naquit à Milan, Illinois à la fin du XX° siècle. Rien dans  l’enfance ni dans la première jeunesse de ce fils d’un modeste couple italo-américain ne laissait présager le destin exceptionnel qui l’attendait. C’est à l’Université, en suivant le cours du professeur Marc Nichols, collaborateur et continuateur du Nobel d’économie Milton Friedman , qu’il eut l’idée simple mais géniale qui bouleversa sa vie et celle de ses contemporains.
On sait que les membres de l’Ecole de Chicago, étaient de fervents partisans de la privatisation des entreprises publiques , mais, prisonniers malgré eux d’un système de pensée hérité des siècles précédents , ils n’avaient pas osé remettre en cause la mainmise de l’Etat sur un certain nombre de services en particulier la police, l’armée et la justice. Seul, Milton Friedman avait osé évoquer la possibilité d’ouvrir ces activités à la concurrence libre et non faussée . Encore était-ce à la toute fin d’un de ses livres et sur le mode de l’ironie.
En vrai fils du pays des self-made-men et de la liberté d’entreprendre , James Sforze décida que ce qu’avaient rêvé des intellectuels, lui le réaliserait. Conscient que son entreprise n’avait de chance d’aboutir que s’il prenait un minimum de risques, il s’engagea dans les Marines d’où il passa dans les Forces Spéciales. Cinq ans plus tard, il connaissait tous les moyens d’abréger la vie humaine et il avait lié, au cours de missions aussi périlleuses que clandestines, quelques amitiés à la fois utiles et indéfectibles.

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